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Découverte du Mini Kong – QUANSHENG UV-K1(8)

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La radiocommunication occupe une place particulière sur La Résilience. Depuis les premiers articles consacrés aux notions de propagation, à la réglementation PMR446 et CB ou encore au fonctionnement des réseaux de communication, le sujet n’a cessé de revenir sous des formes différentes. L’objectif n’a jamais été simplement d’accumuler du matériel radio. Comprendre ce que l’on utilise, savoir pourquoi cela fonctionne — ou pourquoi cela ne fonctionne pas — et être capable d’adapter une installation à son besoin constituent pour moi le véritable intérêt de la démarche.

Cette approche m’a conduit à explorer au fil des années différents équipements et différentes technologies : du très classique Baofeng UV-5R, dont j’ai détaillé la configuration, les relais et les usages avancés, au TYT TH-UV88, au Retevis RT82 en DMR, ou encore à la station mobile QYT KT-8900D. Plus récemment, le TYT UV88 et le Baofeng UV-5R Mini sont venus prolonger cette réflexion avec des équipements plus compacts et mieux adaptés aux usages mobiles.

V

Entre-temps, certains articles ont également porté sur des sujets qui dépassent largement le simple choix d’un talkie-walkie : amélioration des antennes, alimentation, programmation USB, CTCSS, propagation, balises de détresse ou encore constitution d’un kit numérique d’urgence. Même la très populaire radio d’urgence à manivelle a fait l’objet d’une analyse critique, car en matière de résilience, avoir un équipement n’est pas nécessairement la même chose que disposer d’un moyen de communication réellement efficace.

C’est dans cette continuité que j’aborde aujourd’hui le QUANSHENG UV-K1(8), également connu sous le surnom de « Mini Kong ».

À première vue, il pourrait sembler difficile de trouver une place pour un nouveau petit portatif dans une collection qui compte déjà plusieurs références. Pourtant, le UV-K1(8) mérite que l’on s’y intéresse. Il appartient à un génération de portatifs chinois qui ne se limitent plus à reproduire indéfiniment l’architecture du vieux UV-5R. Son intérêt ne réside d’ailleurs pas uniquement dans sa fiche technique ou dans le nombre de bandes que certains vendeurs lui attribuent.

Que vaut réellement ce petit portatif ? Que peut-il recevoir ? Que peut-il émettre ? Quelle est sa véritable architecture radio ? Que permettent ses possibilités de programmation et ses firmwares alternatifs ? Et surtout, quelle place peut-il réellement occuper dans une station radio orientée résilience ?

Ces questions sont d’autant plus intéressantes que le UV-K1(8) se trouve au croisement de plusieurs mondes : le traditionnel talkie-walkie VHF/UHF, les expérimentations permises par les firmwares communautaires et une communauté qui cherche régulièrement à repousser les limites du matériel.

Il faudra donc distinguer soigneusement ce que le constructeur annonce, ce que le matériel permet réellement et ce qui relève de l’expérimentation.

Le QUANSHENG UV-K1(8) Mini Kong

Au premier contact, le Mini Kong ne révolutionne pas le concept du talkie-walkie. On retrouve une architecture très classique : écran en façade, clavier numérique, encodeur de volume et de fréquence, connecteur d’antenne et batterie amovible. Mais la première impression est plutôt bonne.

La radio donne une sensation de qualité en main supérieure à celle que peuvent laisser certains petits portatifs très légers. Le boîtier est compact sans être minuscule au point de devenir inconfortable et sa forme assure une bonne préhension. La batterie constitue également un point intéressant. Sa capacité est confortable pour ce type de portatif et participe à rendre la radio adaptée à une utilisation mobile, sans devoir immédiatement lui adjoindre une batterie externe.

L’écran, en revanche, nous ramène quelques années en arrière. Il est monochrome, parfaitement lisible et fonctionnel, mais il ne faut évidemment pas attendre ici une interface graphique moderne. Le Mini Kong assume clairement son héritage.

Découverte du Mini Kong - QUANSHENG UV-K1(vs UV-5R Mini)

Une radio plutôt « old school »

C’est probablement l’un des premiers constats que l’on fait en utilisant le Mini Kong. La plateforme est franchement old school. Et je le dis presque avec affection, avec un petit clin d’œil 😉 aux OM, les fameux Old Men que sont souvent les radioamateurs. L’interface fonctionne, mais elle demande un petit temps d’adaptation. Certaines fonctions ne sont pas directement accessibles depuis une touche dédiée et nécessitent de passer par une combinaison ou par les menus. On retrouve donc cette logique très « radio amateur » où l’on apprend progressivement les raccourcis et les séquences de touches. Ce n’est pas rédhibitoire, loin de là. Mais après avoir utilisé des équipements modernes aux interfaces beaucoup plus immédiates, le contraste est évident.

Autre particularité : le rétroéclairage de l’écran s’éteint après 5 secondes, et cette durée est fixe. Là encore, rien de dramatique, mais c’est typiquement le genre de petit détail qui rappelle que l’on n’est pas face à une interface pensée comme celle d’un smartphone.

USB-C : une modernité toute relative

Comme l’UV-5R Mini, Le Mini Kong adopte un connecteur USB-C, ce qui pourrait laisser penser à une recharge moderne et universelle. En réalité, son utilisation reste assez basique. La radio fonctionne uniquement en 5 V et accepte une alimentation USB-A → USB-C (Contrairement à l’UV-5R Mini qui fonctionne en USB-C → USB-C). En revanche, une alimentation USB-C → USB-C ne fonctionne pas sur le Mini-Kong. Il n’y a pas non plus de négociation USB-PD ou de charge rapide. On peut donc voir cet USB-C davantage comme une évolution de connectique, probablement liée à l’obligation de ce standard EU, que comme une véritable modernisation du système de recharge.

Découverte du Mini Kong - QUANSHENG UV-K1(USB-C)

Pour autant, le choix du 5 V (avec un câble USB-C/USB-A) reste intéressant pour la résilience : powerbank, ordinateur, alimentation solaire ou convertisseur 12 V/USB permettent facilement de l’alimenter. Il faut simplement penser à conserver le bon type de câble.

Et côté radio ?

C’est évidemment là que les choses deviennent intéressantes. Derrière son format compact, le Mini Kong reste un véritable portatif bibande, avec une architecture radio assez classique.

Le QUANSHENG UV-K1(8) est un portatif FM fonctionnant principalement sur les bandes VHF et UHF. Sa puissance d’émission annoncée atteint 5 W, tandis que sa batterie (version longue) offre une capacité de 2500 mAh. La radio dispose de 200 mémoires, d’un écran permettant l’affichage simultané de deux fréquences et d’un récepteur annoncé comme couvrant une plage beaucoup plus large que ses seules bandes d’émission.

Caractéristique QUANSHENG UV-K1(8)
Type Portatif VHF/UHF FM
Puissance TX annoncée Jusqu’à 5 W
Mémoire 200 canaux
Batterie Li-Ion 2 500 mAh
Alimentation 5 V USB
Écran LCD monochrome
Connectique USB-C
Réception annoncée 50–600 MHz
Stabilité en fréquence ±1 ppm
FM radio Oui
Double veille Oui
CTCSS / DCS Oui

Il faut toutefois être prudent, la plage de réception annoncée ne signifie pas que le récepteur offre les mêmes performances sur toute cette largeur de spectre, et surtout elle ne signifie évidemment pas que la radio peut émettre sur toutes ces fréquences.

Pour l’émission, le cadre est beaucoup plus restreint. La documentation constructeur distingue notamment plusieurs versions : Pour la version destinée au marché européen, les bandes d’émission annoncées sont 144–146 MHz et 430–440 MHz.

C’est une distinction importante à garder en tête, car les fiches commerciales que l’on trouve sur Internet mélangent parfois allègrement les capacités de réception, les plages programmables et les possibilités offertes par certains firmwares alternatifs.

Sur le papier, rien de révolutionnaire donc. Mais le véritable intérêt du UV-K1(8) apparaît lorsqu’on commence à s’intéresser à ce qui se passe au-delà du firmware constructeur.

Les firmwares alternatifs, le petit côté geek mais …

C’est probablement l’un des aspects les plus amusants du Mini Kong. Des développeurs indépendants ont adapté des firmwares communautaires au UV-K1(8). Le projet F4HWN, par exemple, propose différentes éditions et ajoute de nombreuses fonctions : analyseur de spectre, radio FM commerciale selon les versions, amélioration du scan, personnalisation de l’interface, réglages supplémentaires de puissance ou encore différentes fonctions destinées à des usages spécifiques.

Le Mini Kong devient alors beaucoup plus intéressant pour celui qui aime mettre les mains dans le cambouis. On retrouve donc cette philosophie que j’apprécie dans certaines plateformes radio : le produit n’est pas totalement figé à sa sortie d’usine.

Mais est-ce vraiment un avantage pour un quidam, comme madame Michu survivaliste ou un prepper ?

Pas forcément. La possibilité de modifier profondément une radio est formidable pour celui qui aime expérimenter. Elle peut permettre d’adapter l’appareil à ses besoins et d’explorer des fonctions qui n’existent pas dans le firmware constructeur. Mais dans une logique de résilience, la complexité est aussi un facteur à prendre en compte.

Alors, ce Mini Kong ?

Après cette découverte, le QUANSHENG UV-K1(8) Mini Kong laisse une impression plutôt positive. Sa construction, sa bonne préhension et sa batterie de capacité intéressante en font un petit portatif agréable à avoir en main et à transporter. Il ne cherche pas à impressionner par une débauche de fonctions ou une interface moderne : c’est une radio assez old school, et il faut accepter ses menus parfois peu directs, son écran monochrome ou encore son USB-C aux possibilités limitées.

Son véritable intérêt se trouve peut-être ailleurs. Derrière cette plateforme traditionnelle, Quansheng laisse une place importante à l’expérimentation. Les firmwares alternatifs permettent d’explorer de nouvelles fonctions et d’élargir les possibilités de la radio, notamment en réception. Pour un amateur de radio et de bidouille, c’est évidemment un terrain de jeu intéressant.

Mais est-ce réellement un avantage pour la résilience ? Pas nécessairement. La possibilité de modifier son matériel est séduisante, mais elle apporte aussi de la complexité. Dans une situation où l’on cherche avant tout un moyen de communication fiable et immédiatement opérationnel, la simplicité reste une qualité essentielle.

Le Mini Kong n’est donc pas une révolution et je ne le présenterais pas comme la radio ultime. C’est plutôt un petit portatif polyvalent, bien construit et intéressant pour celui qui souhaite aller un peu plus loin que l’utilisation classique d’un talkie-walkie.

Une radio old school, mais avec un potentiel très actuel.

Les connaissances connexes

La station UHF/VHF QYT KT8900D

Le Talkie-Walkie TYT UV88

Le Talkie-Walkie BaoFeng UV-5R et Mini

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