Réseaux de communication et Cyber-Résilience

Réseaux de communication et Cyber-Résilience

Dans le cadre de notre stratégie de résilience, nous devons nous poser la question de nos capacités à maintenir en place des dispositifs de communication proche, éloigné, sommaire ou sophistiqué. Nous vivons une époque hyper-connectée ;

  • Si demain nous perdions tout ou partie de cette connectivité ?
  • Si demain, il devenait compliqué voir impossible de contacter une personne par téléphone, par sms, par mail ou encore par chat.
  • Si demain, nous n’avions plus la télévision, les réseaux sociaux, les journaux en ligne, la météo, tout internet.

Comment combleriez-vous vos besoins d’informations, d’échanges, de liens social ? Sauriez-vous seul résister et mettre en place une stratégie de résilience ? Non bien-entendu ! La communication c’est au moins deux personnes et plus idéalement. Vous devrez donc trouver des solutions à plusieurs et non seul. Vous mettrez en place une stratégie de voisinage, une stratégie de clan ou tribu, une stratégie d’intérêt, une stratégie communautaire, etc… Peu importe, la nature et le périmètre, il vous faut avant tout être plusieurs pour mettre en place une résilience collective.

La communication est le support permettant d’entretenir un tissu de relations sociales de proximité ou distant. Que cela soit des relations familiales ou affectives, des relations d’intérêts communautaire, de compétences, d’échanges, de trocs ou encore culturelles, ces relations interdépendantes sont essentielles à l’individu lui-même et à l’ensemble du groupe humain.

Avez-vous envisagé et préparé un éventuel chaos de communication ? Avez-vous un plan de continuité ? Avez-vous défini les modalités d’un plan de regroupement familiale ou clanique (dixit @Vol West) ? Avez-vous défini des conduites à tenir, des points de ralliements en fonction de scénarios ? Qu’avez-vous fait ?

Il vaut mieux le savoir avant que vos capacités de communications disparaissent, car ensuite vos possibilités d’organisation seront nettement amoindries.

La rupture

Le concept de “rupture de la normalité” à défaut d’effondrement, est un sujet grandement développé en long, en large, et en travers par une multitude de blogs et de vlogs. Je ne développerais donc pas toutes les raisons pouvant provoquer une situation critique ou précaire de la normalité impliquant une dégradation des infrastructures de communication moderne. L’histoire ancienne et contemporaine nous démontre comment la perte de capacités en communication affecte profondément notre organisation sociale et notre équilibre mental.

Que cela soit un effondrement localisé comme Saint-Martin avec Irma ou une rupture systémique provoquée par un blackout lui-même déclenché par cyber-attaque, les conséquences sur les systèmes de communication sont identiques à l’échelle près, cependant les impacts sur les zones isolées sont souvent plus importants.

Certes en France, il y a peu d’endroits où l’on est éloigné de tout me direz-vous, mais ces zones seraient plus touchées et encore plus isolées en cas de rupture de la normalité. Il existe bien d’autres exemples vécus où l’on constate à quel point nos moyens de communications sont essentiels au bon fonctionnement et au maintien opérationnel de l’organisation, de la sûreté et sécurité territoriale.

Une approche systémique

Avec cette hyperconnexion, l’explosion des objets connectés et le développement de l’intelligence artificielle, le défi n’est plus “simplement” d’assurer la sécurité des réseaux et systèmes d’information, mais bien la résilience de nos sociétés et de leur fonctionnement face à des impacts systémiques. Partant du constat que les risques ne pourront pas être totalement supprimés, l’objectif est alors de concevoir et de mettre en œuvre, indépendamment des événements, des dispositifs nativement plus résistants aux chocs.

“On entre alors dans une approche systémique au travers d’une relation multilatérale. Les problèmes devront être désormais réglés dans une résilience collective, impliquant l’individu, les entreprises, la nation…” ajoute le Général Watin-augouard pour qui ce changement de paradigme vital donnera lieu à une bascule à l’aube 2022-2025.

La contribution

Que feriez-vous si vous deviez contribuer à la mise en œuvre de moyens de communication après un effondrement localisé ? Comme la grande majorité des individus, vous ne feriez rien. Vous attendriez que les “Sachants” rétablissent les systèmes de communication, ou alors vous fixeriez des messages sur un mur d’affichage en attendant que d’autres le consultent votre message pour éventuellement le transmettent. L’idée est bonne mais son exposition et sa portée ridicule.

Voilà la réalité. Niez la, et réfugiez-vous dans le déni de réalité.

Petit aparté : Ces points d’informations publics (registres/dashbords) de communication localisé avec des papiers collés ont aussi existé sous forme numérique bien avant l’apparition d’internet. Tout le monde n’a pas connu l’émergence d’internet. Mon âge m’a permis de connaître son arrivée en France au début des années 90. Il existait à cette période encore pas mal de “Bulletin Board System (BBS)”.

Bulletin Board System (BBS)

Ces serveurs « de contenus » étaient accessibles en point à point X ou Zmodem avec des liaisons RTC très bas débit, et sans interconnexion (ceux qui connaissent se rappellent : Les Petits Génies [Whiz Kids]). L’objectif de ces systèmes numérique étaient d’offrir un tableau d’informations et aussi des bibliothèques de contenus aux personnes s’y connectant au même titre qu’un tableau d’affichage papier. L’exposition de ces BBS était tributaire du nombre de lignes téléphoniques disponibles, mais ils permettaient la diffusion et l’échange d’informations à longue distance. Certains jouaient avec le Minitel et d’autres comme moi s’intéressait au BBS de certains campus universitaire. L’idée même de points d’informations publics reste une méthode de self-service de diffusion très intéressante qu’il faudra développé rapidement sous forme numérique.

Comment réagir ?

Si vous étiez un résilient voir peut-être un cyber-résilient vous contribueriez au rétablissement des moyens de communication. Si vous aviez une organisation clanique de votre préparation peut-être envisageriez-vous un plan de continuité de la communication au sein de ce clan et de son implantation territoriale /géographique.

La cyber-résilience est la capacité à se préparer et s’adapter à des conditions en perpétuelle évolution ainsi qu’à récupérer rapidement ses capacités suite à des attaques délibérées, des accidents, des catastrophes naturelles ou encore des incidents dans le cadre de l’utilisation de moyens informatiques et de communication.

Internet étant un vecteur de communication essentiel, j’associe volontairement la notion de cyber-résilience du domaine numérique à celle des réseaux de télécommunication filaire ou radio. Il n’est pas possible de décolérer les deux aujourd’hui. Oui la radio seule peut répondre aux besoins rapides et immédiats de prises de contacts et d’échanges bidirectionnels, mais ne couvre pas assez de population. La radio FM par exemple offre un grande capacité de diffusion simultanée, mais reste unidirectionnel.

Communiquer c’est quoi ?

  • Émettre de l’information : Parler, diffuser, transmettre, alerter, publier, donner…
  • Recevoir de l’information : Ecouter, s’informer, recevoir, prendre…
  • Puis les interactions : Apprendre, s’organiser, échanger, partager…

Pour répondre aux besoins des verbes d’actions sus-cités il faut :

  • Mettre en oeuvre des canaux de communications vocales par radio pour augmenter le périmètre d’action territoriale.
  • Pourvoir aux besoins énergétiques des dispositifs de communications est une étape essentiel au maintien opérationnel.
  • Mettre en place un plan d’organisation et de déploiement des systèmes de communication (Rendez-vous horaires périodiques d’émission radio, rétablir ou déployer de relais de télécommunications, augmenter le périmètre d’exposition).
  • Mettre en relation, connecter un à plusieurs afin d’offrir des capacités de coordination et d’organisation.
  • Préparer la mise en place de points d’informations publics numérique (services web non connectés à internet).
  • Mettre en place des réseaux de communication maillé dynamique et les déployer sur la plus grande emprise territoriale possible.
  • Déployer les espaces d’échanges, forum, groupes de discussions, messagerie, application pair-à-pair.
  • Déployer des bases de connaissances documentaires pour transmettre des solutions aux autres.
  • Interconnecter les réseaux maillé locaux entre-eux pour étendre la toile cyber-résiliente.

Disposer une radio PMR446 (Private Mobile Radio 446) ou d’une CB (Citizen Band) est aujourd’hui très accessible économiquement. S’appuyer sur les fortes compétences OC, UHF et VHF des radio-amateurs est obligatoire, car la voix est le point de départ d’une coordination rapide.

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Mettre en oeuvre un réseau local de communication numérique maillé est aujourd’hui assez simple avec la technologie WiFi Mesh.  Déployer des ressources partagées, diffuser de la connaissances “survivalistes” sur ces réseaux maillés en mettant en oeuvre des petits serveurs sur nano PC et aussi envisageable. Utiliser des applications mobile sans accès internet…

Les solutions de résilience et de cyber-résilience existent. Il faut juste s’y intéresser avant d’y être confronté.

Les solutions

Cet article ne peut à lui seul développer les propositions de solutions évoquées ci-dessus. Il faudra donc aborder les différents points au travers d’une série d’articles. Etant spécialisé dans le domaine du numérique (IT), je suis disposer à partager vos réflexions, vos expériences et vos astuces dans le périmètre radio-amateurs pour répondre techniquement aux besoins de résilience en communication. [ Déjà un renfort : Fréquence Citoyenne FCF / Veilleurs De France Youtube FCF ]

Prochains articles :

Quelques articles, sites et liens choisis :

Cet article a 4 commentaires

  1. Yves Brocherioux

    Salut Seb, dans ce cadre de la cyber-résilience, je suis entrain d’étudier la mise en place d’un réseau radio (forcément) en cas de !!! catastrophe météo, nucléaire, nous sommes proches de la centrale de Tricastin, de l’usine de transformation du MOX, du site de Cadarache donc sans être catastrophique on ne sais jamais. ce réseau est calqué sur l’architecture radio aéronautique avec comme centre de communication soit la cellule de crise s’il y en a une en mairie par exemple, soit à mon domicile etc. Chaque quartier de la commune est équipé radio car ici beaucoup de chasseurs de sangliers sont équipés PMR et donc potentiellement joignable en radio avec une préparation préalable et pourquoi pas un exercice. Egalement, j’ai dans ma sataion, un émetteur FM FU-15B marque fmuser pour supplanter le réseau bande FM du coin car, comme tu le dis, avec une bonne coupure d’énergie, plus de télé, plus de radio FM et donc plus d’info. Alors avec mon émetteur FM 15 watts et forcément une bonne antenne, y a moyen d’informer soit mon réseau soit la population. tu abordes la résilience NUMÉRIQUE, je crois qu’il y a pas mal de chose à dire à ce sujet.

    1. Le Résilient

      @Yves, je suis disposé à publier des articles en ton nom si tu le souhaites. C’est une bonne opportunité de publier sur cette approche locale.

  2. HOCHAIN

    Comment se fait la programmation d’un Baofeng dm 5r. La notice en anglais est difficile à décoder.
    René

    1. Le Résilient

      Le DM5R est un portatif que je ne connais pas, car sa mauvaise réputation me détourne de son chemin.

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