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L’AR15 Windham Weaponry WW-15 après 8 mois

Après environ 8 mois d’usage, presque 2000 munitions et quelques variations de setup, que penser du Windham Weaponry WW-15 ? C’est donc avec un peu de recul et d’expérience que je peux vous faire un premier bilan au sujet de cette arme que j’ai mis pas mal de temps à choisir (Pour rappel : Quel AR15 choisir ?). Globalement je suis très satisfait des qualités de cet AR15, mais pour quelles raisons ? L’AR15 Windham Weaponry WW-15 après 8 mois

Il faut reconnaitre qu’au moment de l’achat, beaucoup de caractéristiques de l’arme ne sont pas forcement maitrisées. Il faut quelques temps pour s’approprier l’arme, et pour bien comprendre les différences avec les armes d’autres fabricants. Nous allons reprendre quelques caractéristiques qui me semblent intéressantes de mieux identifier et comprendre. Il faut noter que mon objectif au moment de l’achat était de pourvoir avoir une plateforme Full Mil-Spec.

Ce critère n’était pas pour moi si évident au moment du choix, mais il m’était souvent proposé lors de mes discussions sur la toile. Dans cet article nous aborderons aussi l’évolution de configuration en accessoires (Setup), et nous nous arrêterons finalement sur le setup que j’expérimente actuellement. Ce dernier changera encore je l’imagine au vu des possibilités offertes en termes d’ergonomie.

1. Les critères formels et objectifs

Pour rappel : MIL-STD ou MIL-SPEC ne veut pas dire mieux qu’autre chose, mais correspond à une normalisation en termes de spécifications militaires par le D.O.D US. Il faut tout de même noter que ce critère influence les prix par l’effet de l’offre et la demande.

  • Le canon : Le premier critère justifiant la différence de prix comparé avec un un AR15 d’entrée de gamme (MP15 Sport II par exemple) est la spécification Milspec du canon. En effet, le WW-15 est doté d’un acier CMV MIL-B-11595E alors que l’on retrouve fréquemment des canons en acier 4140 ou 4150 (Chrome Moly Vanadium) dont les spécifications civils/commerciales sont floues et non Milspec. Sur le papier, c’est donc l’argument qui fait la différence en termes de prix et potentiellement de fiabilité et de durabilité.
  • La culasse :  De la même manière la culasse et le transporteur de culasse sont en acier Carpenter C-158 Milspec. C’est pour cette raison et ses capacités que j’ai fait mon choix aussi. Les concurrents de ma short-list n’ayant pas affichés la nature de leurs alliages, il est difficile de faire des choix éclairés.
  • Anodisation MilSpec de type III (MIL-A-8625) : Encore une fois, c’est un critère formel que je retiens en terme qualité annoncée.
  • Le poids : 2.6 Kg, c’est tout de même super appréciable sachant que la majorité des AR15 fleurtent avec les 3 Kg de manière générale.

On peut donc considérer que la qualité des matériaux choisis et des finitions déterminent le prix de cette arme. En fait, ces arguments faisaient déjà partie de mes critères de choix à l’acquisition. Donc pas de surprise mais une petite précision.

Remarque : Je note une augmentation moyenne du prix de ce modèle d’environ 5 à 8% en 7 mois.

2. L’AR15 Windham Weaponry WW-15 après 8 mois

Dans cette section je vous partage un avis personnel après différent exercices de tir sportif. Nous sommes très limité en termes de types de tir en stand. Le tir statique sur table sur une cible, le tir statique sur plusieurs cibles de 25 à 200 m voir plus lorsque votre stand l’autorise, puis le tir à genou ou le tir debout.

L’ambidextrie : Même si le tir en stand de ne nécessite pas cette configuration, car les ouvertures d’angles ambidextre ne sont hélas pas vraiment possible dans mon stand. Je considère que c’est le principal reproche que l’on peut faire aux armes de manufactures civiles. Pourtant cet exercice permet de sortir du standard à la “papa” en tir statique.

  • Le levier d’armement : Celui d’origine n’est pas ambidextre et c’est le principal reproche que je peux lui faire. Une modification est à prévoir.
  • Arrêtoir de culasse : Celui-ci n’est pas très pratique. Il faut parfois s’y reprendre à plusieurs fois pour bloquer le transporteur. Un upgrade est à prévoir pour l’ambidextrie.
  • Détente : C’est dur. J’ai pris presque 400 cartouches à travailler le Lâcher pour effacer le coup de doigt. Mais je ne prévois pas d’upgrade Match.
  • Précision : La perfection. Très proche des résultats en cibles avec ma CZ455. Je m’amuse parfois au “22 Hunter”, et le résultat est quasi identique.
  • Crosse : Livrer en version Comspec avec le buffer, je conseille le changement pour une crosse à la joue plus large et pour supprimer le jeu déceptif de la crosse sur le buffer.
  • Incident de tir : Aucun n’est à déplorer pour environ 2000 tirs.

3. Les munitions .223

Près de 20 séances de tir de 50 à 100 m m’ont permis de tester une large gamme de grammage de 55 à 77 gr. Le meilleur rapport précision/économie m’a fait prendre l’habitude des munitions GGG 62 gr sur mon pas de 1/7″. Au-delàs de 100 m je ne sais pas si les 69 gr sont réellement plus stable sur le groupement.

Les différentes séances ont été effectuées avec les organes de visées suivants :

  • Red dot : Tir au point rouge Holosun 403B
  • Tir au organes de visée mécanique (ouvert)
  • Tir à la lunette Strike Eagle LPVO  : Lunette de type “battue”

4. Les récentes modifications

Pour rappel voici la configuration initiale de mon AR15 :

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Depuis cette première configuration, plusieurs modifications par étapes ont été mise en place.

4.1. Adaptations Full Mil-spec

Cet AR15 était d’origine commercialisé avec un tube buffer et une crosse télescopique aux spécifications commerciales (Comspec). Afin d’obtenir une arme intégralement aux spécifications Milspec, j’ai remplacé ces deux composants avec un Tube Buffer de la marque Ergo et une crosse Magpul CTR (Avec verrouillage = Aucun jeu). Cette modification n’est pas d’une nécessité absolue, mais j’ai rapidement constaté que le busc de la crosse d’origine n’était pas bien adaptée à ma morphologie et l’alignement rapide de mes organes de visées.

4.2. Organes de visées

Précédemment équipé du point rouge Holosun 403B en offset 0°, j’ai pu évaluer pendant près de 800 munitions le tir en cadence élevée sur des changeurs de 30 coups. Cet exercice offre un plaisir de tir très agréable et permet de s’approprier l’arme en terme de prise, maintien et stabilisation, de lâcher et de recul. Cependant sur une distance de 50 m, on obtient des groupements dans une zone de 10 cm de diamètre pour 15 munitions tirées rapidement. Ajoutons à cela que ce point rouge est en 2 MOA, on comprend rapidement que pour passer à un groupement inférieur, il faut effectuer des tir posés et statiques.

Holosun 403B

Bref, je suis satisfait de cette configuration, mais elle ne permet pas de multiplier les types d’exercices en stand de tir FFTir. En effet, ne pouvant effectuer de tir dynamique pour développer l’expérience, les résultats en cible restent stables mais limités en terme de groupements. J’ai donc décidé de développer ma précision avec une lunette (scope), ainsi que mes sensations et ma connaissance de différents grammages de munitions (55, 62 et 69 Gr de différentes manufactures).

Pour cela, après pas mal de recherches, j’ai investie dans une lunette de type battue, en choisissant la lunette Vortex Strike Eagle Génération 2 1-6×24 – AR-BDC, avec pour objectif de conserver la capacité de tir au point rouge. Après réflexion orientée sur mes usages en stand, j’ai déterminé qu’une configuration LPVO + Red dot en offset 45° apporterait pas mal de possibilités d’exercices.

Il est vrai la configuration couramment retrouvée parmi mes pairs est souvent dotée d’un point rouge auquel une loupe (magnifier) est ajoutée pour apporter un grossissement x3. Ce setup est d’un point vue pratique plutôt adapté au tir dynamique au point rouge dans pas mal de circonstances. Certes ce type de montage permet d’augmenter un peu la précision, mais les qualités optiques d’un tel assemblage sont assez loin d’une lunette. Je dis cela car sans faire du tir, il est techniquement ou disons optiquement toujours de moins bonne qualité d’utiliser un couplage optique extérieur aux dispositifs de grossissement interne (Ajustement axial, parallélisme optique et fuite lumineuse), c’est un peu comme les barlows en astronomie.

Dans l’immédiat est parce que mon point rouge est un modèle d’entrée de gamme et que peinture sur merde donne toujours quelques choses de moins bon que peinture sur propre, j’attendrais d’avoir un budget plus important pour passer à ce type de configuration (Idéalement EOTech). Dans le contexte spécifique du combat (que je ne connais pas), cette configuration avec un magnifier est probablement adaptée, mais dans le contexte du tir sportif en poste ce dispositif est il me semble déceptif en terme de précision face à une lunette.

Pour cela, j’ai il y a quelques mois fait le choix de l’usage d’une lunette de type LPVO (Low Power Variable Optic) avec l’ajout de mon point rouge Holosun 403B en offset 45°. Certes cette configuration nécessite un apprentissage afin de basculer de la lunette au point rouge et l’inverse, mais on garde les avantages et l’efficacité des deux dispositifs. Voici une série de 5 Geco 55GR FMJ en tir posé sur table (50m), juste après zérotage de la lunette. C’est important de noter le grammage, car dans le cas de mon AR15, les munitions les plus mieux stabilisées sont théoriquement du 62 au 69 gr pour un pas de canon à 1:7.

Vortex Strike 1/2MOA

Je ne peux pas vraiment dire si une configuration est mieux que l’autre dans tous les usages. Mais on peut aisément déterminer le handicap de ma configuration LPVO + Red dot dans des situations de tir complexe à couvert avec ouverture d’angle ou encore en mode ambidextre (Voir la playlist Youtube en fin d’article). Rien ne dit que je ne choisirai pas ultérieurement la configuration Red dot + Magnifier si j’ai 1500€ de trop …

Remarque : Il faut noter que la lunette et son entraxe de 2″ nécessite la suppression de mes organes de visée mécanique escamotable.

Voici donc les composants choisis pour ce nouveau setup :

Résultat en images

WW15 + LVPO + Point rouge

On le voit sur les photographies, j’ai mal réfléchis ma configuration. L’offset 45° picatinny GG&G est trop à l’avant du canon. Le support de montage de la lunette (Cantilever Vortex) empêche une position plus centrale de mon point rouge. De plus la grosseur de mon Holosun entre en contact avec la bague du porte cache avant.

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C’est donc résigné que j’accepte mon erreur de choix matériel. Ce type de configuration nécessite une plus grande attention que celle que j’ai pu offrir. On apprend beaucoup de ses erreurs. Je partage donc mon erreur pour souligner l’importance de la réflexion avant toutes acquisitions. C’est dans mon cas un mal pour un bien, car j’envisage de faire l’acquisition d’une plateforme calibre 12 semi-automatique qui se contentera très bien de mon point rouge Holosun 403B.

4.3. La sangle

Comme le holster, la sangle n’est pas un accessoire “bien vu” et utile en stand FFTir. Pourquoi ? Par ce qu’on ne fait pas dans le tactique en stand fédéral de manière générale. Parce qu’on ne fait pas de tir dynamique, de dégainés, de transitions d’armes, de tir sur cibles multiples et intermédiaires ou parce qu’on ne fait pas de tir à couvert, la sangle n’est donc pas utile. Au même titre, une lampe tactique sur le garde main de mon AR15 en stand fait mauvais genre …

Personnellement, ma passion du tir et des armes m’amène à aimer et apprécier les aspects esthétiques de l’arme dans son ensemble. Pour cela, j’avais envie d’apporter cet accessoire symbolique à l’ensemble. Vous ne me blâmerez pas je l’espère d’avoir par cet acte consumériste cédé à l’envie purement matérialiste 😉

Dans cette configuration, j’ai donc ajouté un troisième point d’attache Quick Detach (QD) au niveau du castle nut buffer. Cet élément ASAP QD offre donc une connexion de plus à ma sangle MS4 Magpul.

5. En conclusion

J’adore cette plateforme, et j’adore modifier par moi-même les configurations. Cela permet de mieux comprendre les limites des équipements dans un contexte donné, et permet de développer nos connaissances générales de l’arme. On peut toute sa vie regarder les vidéos Youtube et prendre pour argent comptant le choix des autres, mais rien ne vaut d’expérimenter soi-même les possibilités offertes.

Certes beaucoup voudrait faire l’économie de plusieurs achats, afin d’avoir la meilleure configuration d’entrée de jeu, mais pour ma part je trouve que c’est une mauvaise stratégie et qu’il faut se faire sa propre expérience utilisateur. Il ne faut pas hésiter à sortir de votre zone de confort en termes d’accessoires et de munitions afin d’expérimenter les usages et les avantages.

6. La playlist Youtube

Cet article a 2 commentaires

  1. pierre

    Bonjour Sébastien, j’ai acheté le même mais pas de notice français. Aurais tu un lien pour essayer d’avoir le manuel en français? Merci pour ton travail

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