À force de lire, d’observer et d’échanger, une chose frappe lorsqu’on parle de sac d’évacuation : la quantité d’hallucinations collectives qui circulent sur le sujet. Sur Internet, l’évacuation est trop souvent fantasmée comme une échappée vers la forêt, un retour à une forme de nature idéalisée, ou à l’inverse comme une projection quasi militaire, bardée de matériel tactique, et de solutions pensées pour le combat. Entre ces deux extrêmes (la fuite romancée vers la verte et le fantasme opérationnel hérité de l’OPEX) il existe pourtant une réalité bien plus banale, bien plus inconfortable et surtout bien plus pragmatique.
Dans mes activités régulières — randonnée ultralégère, bivouac, run-and-gun vidéo, spéléologie, alpinisme, grimpe, randonnée à ski, sans oublier le fond de sac sécurité — j’ai progressivement abandonné l’idée d’un sac polyvalent.
Chaque pratique impose ses propres contraintes. La randonnée ultralégère exige une chasse permanente au gramme. L’alpinisme et la grimpe demandent compacité, équilibre et accès immédiat au matériel. La spéléo impose robustesse et résistance à l’humidité. Le run-and-gun vidéo requiert une organisation millimétrée et fluide. La randonnée à ski ajoute la gestion du froid, du volume hivernal et de la sécurité spécifique au milieu enneigé.
Plutôt que de forcer une configuration unique à s’adapter à tout, j’ai structuré des sacs distincts, chacun calibré selon l’environnement, le niveau d’engagement, l’autonomie visée et le poids acceptable.
En pratique, ces sacs partagent peu d’éléments communs. L’organisation hydrique demeure un invariant, tout comme certaines logiques de protection thermique. Pour le reste, tout varie. Ce constat est simple : le matériel pertinent est toujours contextualisé. Il répond à une pratique réelle, pas à une abstraction.
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L’évacuation, dans le monde réel, ressemble rarement à un bivouac choisi ou à une mission structurée. Elle se déroule souvent dans des environnements dégradés, bruyants, saturés, sous stress, avec peu d’informations fiables et des décisions à prendre vite, parfois mal préparé, souvent fatigué. C’est précisément dans cet écart entre l’imaginaire et le réel que se joue l’utilité (ou l’inutilité) d’un sac d’évacuation.
Un sac d’évacuation 72 heures est souvent confondu avec d’autres types de sacs auxquels il ne correspond pourtant ni par la finalité, ni par la logique de conception.
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- Ce n’est pas un sac de survie au sens strict, destiné à vivre en autonomie prolongée dans la nature.
- Ce n’est pas un sac de bushcraft, pensé pour exploiter un environnement forestier choisi.
- Ce n’est pas un sac de randonnée ultralégère, optimisé pour la performance sportive et la météo clémente.
- Ce n’est pas un sac de bivouac, conçu pour une activité volontaire, préparée et réversible.
- Et ce n’est certainement pas le sac d’un militaire en opération extérieure.
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Un sac d’évacuation répond à une logique différente : partir vite, dans de mauvaises conditions, vers une destination incertaine, avec un niveau d’information dégradé et une charge mentale élevée. Il est conçu pour des situations de rupture du quotidien, telles qu’un incendie, une inondation, un séisme, un accident industriel, des troubles civils ou un contexte de guerre. Dans tous les cas, l’objectif n’est pas de vivre dehors, mais de rester fonctionnel pendant la phase de transition.
Il est important de préciser que cet article ne constitue pas une liste figée d’objets à reproduire à l’identique. Il ne s’agit ni d’un inventaire normatif, ni d’un modèle universel. Ce qui est proposé ici relève davantage d’un cadre de réflexion : des repères, des critères et des pistes d’analyse destinés à aider chacun à construire son propre sac d’évacuation de manière éclairée et assumée.
Le contexte géographique, la composition du foyer, la condition physique, les compétences techniques et le niveau d’acceptation du risque influencent profondément les choix pertinents. Un sac d’évacuation efficace n’est pas celui qui copie une configuration « idéale », mais celui qui résulte d’une démarche personnelle cohérente, testée et comprise par celui qui le porte.
1. Désamorcer le fantasme
Lorsqu’on évoque un sac d’évacuation 72 heures, la comparaison avec l’équipement d’un militaire en opération extérieure surgit presque automatiquement. Elle est compréhensible : l’OPEX incarne l’endurance, la discipline et la capacité à opérer dans un environnement dégradé. Mais cette comparaison devient trompeuse dès qu’elle se limite aux objets, aux volumes ou à l’esthétique.
Un sac militaire est conçu pour un cadre très spécifique : une mission définie, une action collective, une chaîne logistique existante et une temporalité maîtrisée. Le poids élevé, la redondance et la spécialisation du matériel sont acceptables parce qu’ils s’inscrivent dans un système structuré, avec soutien, relève et coordination.
À l’inverse, un sac d’évacuation civil doit permettre à un individu (ou à une cellule familiale – Article BOB enfant) de rester mobile, lucide et autonome dans un contexte incertain, sans soutien immédiat ni garantie de destination. Il ne s’agit pas d’accomplir une mission, mais de préserver sa capacité à décider, à se déplacer et à s’adapter.
2. Entre surcharge incapacitante et illusion de l’ultraléger
L’erreur la plus fréquente consiste à croire que « plus » signifie « mieux ». Dans un contexte civil, un sac trop lourd devient rapidement un handicap : fatigue précoce, perte de mobilité, baisse de vigilance, erreurs de jugement. À l’opposé, transposer mécaniquement les logiques de randonnée ultralégère à une évacuation est tout aussi problématique. Une évacuation n’est ni planifiée, ni choisie, ni confortable. On ne maîtrise ni l’itinéraire, ni la météo, ni l’état physique ou émotionnel dans lequel on part.
L’objectif de cet article n’est donc ni de singer l’équipement OPEX, ni de tomber dans une surcharge contre-productive, pas plus que de basculer dans l’ultraléger dogmatique. Il s’agit d’une approche fonctionnelle, centrée sur ce qui fait sens pour un civil confronté à une évacuation de 72 heures :
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- vivre avant de survivre (Dixit Argos) sans se dégrader,
- se déplacer sans s’épuiser,
- s’informer sans dépendre d’un seul canal,
- s’adapter sans plan figé (et non “tenir une position”).
3. Une solution vivante, pas un sac figé
L’un des malentendus les plus fréquents autour du sac d’évacuation consiste à le considérer comme une solution “morte” : un sac préparé une fois, rangé dans un placard, et supposé rester pertinent pendant des années. Cette approche est non seulement illusoire, mais elle peut être dangereuse : elle donne une fausse impression de sécurité et crée une inertie face à l’évolution des risques et des besoins.
Un sac d’évacuation est au contraire une solution vivante, évolutive, intimement liée à :
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- l’évolution des risques, naturels ou anthropiques,
- aux changements de mode de vie, déplacements et habitudes,
- à l’état physique et aux capacités de son porteur,
- aux technologies disponibles, nouvelles et plus fiables,
- et à l’expérience acquise au fil des essais et des incidents.
Ce qui était pertinent il y a cinq ans peut aujourd’hui être trop lourd, redondant, obsolète, ou simplement moins efficace qu’une alternative plus moderne et mieux adaptée. La vraie sécurité ne réside pas dans la quantité d’objets transportés, mais dans la cohérence, la fiabilité et l’adaptabilité de chacun d’entre eux.
Reconsidérer, alléger, affiner
La démarche saine n’est pas d’accumuler, mais de reconsidérer régulièrement chaque élément du sac :
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- est-il toujours utile ?
- existe-t-il une version plus légère ou plus fiable ?
- remplit-il plusieurs fonctions ou une seule ?
- ai-je réellement testé son usage en conditions dégradées ?
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Dans une logique d’évacuation, chaque gramme inutile est un handicap, et chaque objet non maîtrisé est une illusion de sécurité. À l’inverse, remplacer un item par un autre plus pertinent, plus robuste ou plus polyvalent est un gain réel, même si la liste finale semble “moins impressionnante”.
Cette démarche n’est pas une quête d’ultraléger, mais une quête de cohérence : moins encombrant, moins lourd, mieux compris, plus efficace. Chaque ajustement renforce la mobilité, la lucidité et la capacité à réagir.
Un sac qui évolue avec son porteur
Contrairement à un sac militaire, standardisé et imposé, le sac d’évacuation civil est profondément personnel. Il doit évoluer avec :
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- l’âge et la condition physique,
- la composition du foyer ou du groupe,
- l’environnement (urbain, périurbain, rural),
- les retours d’expérience, même minimes.
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Changer de radio, de solution énergétique, de système de filtration de l’eau ou de configuration médicale n’est pas un aveu d’erreur passée, mais le signe d’une démarche mature et adaptative.
Un sac d’évacuation efficace n’est pas celui qui rassure visuellement ou qui impressionne sur une photo. C’est celui qui reste pertinent le jour où il faut vraiment partir, capable d’accompagner le porteur avec cohérence, légèreté et adaptabilité, tout en maximisant la mobilité et la sécurité.
Pour structurer cette démarche, il est utile de s’appuyer sur des cadres d’évaluation simples mais rigoureux. Comme le rappelle l’article PERLE et PVEPP : deux grilles pour évaluer son matériel, chaque item du sac peut être questionné selon sa pertinence, efficacité, robustesse et adaptabilité, permettant de garder un équipement vivant, cohérent et ajusté plutôt que figé et obsolète.
4. Constituer et construire son sac
Avant même de parler d’équipement, il faut choisir le sac qui accueillera tout le reste. Le sac d’évacuation n’est pas un simple conteneur : il doit être pensé pour la mobilité, le confort et la cohérence.
4.1. Le sac à dos – Plusieurs critères sont à considérer :
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- Volume : un sac de 30 à 35 L est souvent suffisant pour un sac 72 h civil, permettant de transporter tout l’indispensable sans tomber dans l’excès. Plus grand, il devient tentant de remplir avec du superflu ; plus petit, il oblige à sacrifier des items essentiels.
- Poids : à vide, le sac doit rester léger (<1,5 kg) pour ne pas pénaliser la mobilité dès le départ. Chaque gramme compte, surtout en milieu urbain ou accidenté.
- Couleur et discrétion : un sac discret, gris ou noir, s’intègre mieux à un contexte civil. Éviter le camouflage militaire ou les couleurs criardes, sauf besoin spécifique. La discrétion contribue à la sécurité et à la liberté de mouvement.
- Praticité : poches modulaires, accès rapide aux items essentiels (eau, lampe, premiers secours), sangles réglables et confort au portage sont primordiaux. Un sac qui fait mal au dos ou qui oblige à vider tout le contenu pour trouver une gourde devient un handicap réel.
- Modularité : la possibilité de fixer ou détacher des poches ou accessoires permet d’adapter le sac à différents contextes ou membres de la famille.
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Comme je l’évoque dans Tasmanian Tiger Modular Pack 30 – Le BOB discret, le choix d’un sac adapté transforme l’expérience du portage : on ne subit pas le sac, il devient un outil, facilitant la mobilité, la réorganisation rapide et la gestion de l’urgence.
4.2. Eau et hydratation
L’eau est l’élément le plus critique dans un sac d’évacuation. Contrairement à l’alimentation ou à d’autres équipements, il n’existe pas de substitut. Un individu en mouvement peut rapidement se retrouver en état de déshydratation si l’accès à l’eau n’est pas assuré.
Dans le sac, il faut prévoir à la fois une capacité immédiate — gourde ou poche à eau de 1 à 2 litres — et une solution pour traiter de l’eau récupérée : filtre portatif, pastilles purifiantes ou micro‑filtration. Comme je l’évoque dans Résilience hydrique mobile, la capacité à sécuriser une source d’eau devient souvent le facteur qui distingue un sac efficace d’un sac décoratif.
4.3. Alimentation
Le sac d’évacuation n’est pas un garde-manger permanent, mais il doit permettre de maintenir énergie et lucidité pendant 72 heures. L’objectif est de prévoir des aliments compacts, nutritifs et prêts à consommer : rations d’urgence, barres énergétiques, denrées lyophilisées.
L’astuce consiste à penser en fonction de la densité calorique et de la polyvalence : certains aliments peuvent servir à la fois de collation, de repas rapide et de source de réconfort psychologique. La mise sous vide et l’usage de rations adaptées, comme évoqué dans Les ressources alimentaires de terrain, permettent à la fois de réduire le volume et d’allonger la durée de conservation.
Popote et réchaud
À première vue, intégrer une popote et un réchaud dans un sac d’évacuation peut sembler excessif : poids additionnel, volume consommé, logistique de combustible. Face à des solutions minimalistes (type réchaud à alcool ou suppression complète du chaud), la tentation d’économiser 400 à 500 grammes est réelle.
Pourtant, la question ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle du poids. Le repas chaud constitue un facteur de récupération physiologique et surtout de soutien moral non négligeable après une journée d’effort, de froid ou de stress. La thermorégulation, l’hydratation chaude et la sensation de normalité qu’apporte une boisson chaude participent directement au maintien de la lucidité.
Dans une logique rationnelle, un seul réchaud peut suffire pour un petit groupe de 2 à 4 personnes sur 72 heures, à condition d’optimiser les cycles de chauffe et d’utiliser une cartouche adaptée. Une cartouche de gaz type MSR IsoPro (210 g brut, environ 113 g de gaz utile) permet plusieurs cycles d’ébullition si l’on reste sobre dans les usages.
En configuration légère, l’ensemble peut rester contenu :
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- Réchaud type MSR PocketRocket 2 (73 g) ou BRS 3000T (30 g)
- Popote Toaks Titanium 550 ml (72 g)
- Tasse pliable Sea to Summit Frontier UL 0.4L (50 g)
- Cuillère ~30 g
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Même optimisé, on reste sur une masse totale significative. La décision devient donc stratégique : accepte-t-on cette charge pour bénéficier d’un confort thermique et moral tangible, ou privilégie-t-on une approche strictement calorique en alimentation froide ?
Enfin, compter sur un feu ouvert comme alternative n’est pas réaliste dans de nombreux contextes : environnement urbain, réglementation, discrétion nécessaire, conditions météorologiques défavorables ou absence de combustible sec.
Il est donc possible de se passer de popote pour alléger le sac. Mais ce choix doit être conscient et assumé, en intégrant ses implications sur la récupération, le moral et la gestion du froid.
4.4. Protection et abri
Même sur 72 heures, les conditions météo et environnementales peuvent se révéler difficiles. Poncho, tarp, couverture de survie ou sac de couchage léger sont des indispensables [Edit : Ne pas oublier des gants dit de travail]. L’idée n’est pas de camper confortablement, mais de prévenir l’hypothermie et l’exposition.
Ici, le principe est la polyvalence : un poncho peut protéger de la pluie et servir de toit improvisé, un sac de survie peut aussi être utilisé pour isoler le corps ou improviser un abri. Le but est de maximiser l’efficacité de chaque objet tout en limitant le poids et le volume.
Le Bivvy bag un accessoire incontournable.
4.5. Premiers secours
Un kit médical minimal mais fonctionnel est incontournable. Compresses, bandages, mini bandages compressifs comme ceux de Rescue Essentials, désinfectant et médicaments personnels doivent être faciles d’accès et prêts à l’usage sous stress.
L’astuce n’est pas d’avoir un kit volumineux, mais d’avoir des items testés et maîtrisés, comme le détaille Du quotidien à l’extrême : guide des kits Medic. La modularité permet de l’adapter selon la taille du foyer ou la composition de l’équipe.
Ne surtout pas oublier vos traitements récurent si vous en avez.
4.6. Énergie et communication
Maintenir l’autonomie énergétique et pouvoir communiquer reste crucial. Lampe frontale, piles de rechange, batterie externe (Nitecore NB20000) et radios portables (Récepteur radio et talkie-walkie Baofeng UV‑5R Mini pour un groupe) doivent pouvoir fonctionner sans réseau externe fiable.
Le recours à des solutions comme Meshtastic montre qu’un simple dispositif low-tech peut parfois surpasser un smartphone dernier cri, surtout lorsque le réseau cellulaire est indisponible. La redondance et la polyvalence sont ici clés.
4.7. Navigation et information
Même si l’évacuation est courte, savoir où aller et comment s’orienter est vital. Cartes papier, boussole, GPS, et liste de contacts ou points de rendez-vous permettent de rester opérationnel lorsque le digital fait défaut.
L’objectif n’est pas de maîtriser toutes les techniques de navigation, mais d’avoir des outils fiables et simples à utiliser, qui fonctionnent sans dépendre d’une infrastructure extérieure.
4.8. Outils et réparations
Chaque sac gagne en pertinence grâce à quelques outils compacts et polyvalents : couteau, multi‑outil, pince, cordelette ou ruban adhésif, kit feu. Ces items servent à la fois pour la réparation, la construction d’abris, la préparation de repas ou même certains gestes de premiers secours.
L’important est de favoriser la multifonctionnalité plutôt que la quantité, et de s’assurer que chaque outil est testé et manipulable rapidement.
4.9. Hygiène et confort minimal
Même sur 72 heures, une hygiène minimale améliore la résilience physique et psychologique : lingettes, savon solide, masque, gants jetables, petite serviette ou trousse hygiène compacte.
Cette catégorie est souvent sous-estimée, mais elle réduit les risques d’infection et le stress, tout en restant légère et compacte.
Un change de sous-vêtements sec (sous-vide).
4.10. Divers essentiels
Pièce d’identité, copies de documents importants, argent liquide, carnet et stylo, sacs étanches pour protéger les documents : ce sont des éléments vitaux pour la continuité administrative (section 4. Intégrité des données) et l’accès aux ressources, même en situation de rupture. Des espèces : 100€ Minimum/personne.
5. Conclusion : Un outil vivant et maitrisé
Un sac d’évacuation n’est pas un objet que l’on prépare une fois pour toutes avant de le reléguer au fond d’une armoire. C’est un outil vivant, évolutif, qui doit accompagner les changements de contexte, de saison, de situation familiale et de niveau de compétence.
Le matériel vieillit. Les batteries se déchargent. Les textiles se dégradent. Les médicaments expirent. Les besoins changent. Ignorer cette réalité revient à transformer un outil de résilience en simple objet rassurant. Un sac efficace nécessite des revues périodiques, des ajustements, des allègements, parfois des remplacements.
Mais un autre facteur est souvent sous-estimé : le contexte saisonnier et ce que vous portez sur vous au moment du départ. Une évacuation peut survenir en plein été, en tenue légère, ou en plein hiver, déjà équipé de couches thermiques et d’un manteau adapté. Le contenu du sac ne peut pas être pensé indépendamment de cette variable.
En été, le sac devra compenser l’absence de protection thermique immédiate. En hiver, il devra intégrer la gestion du froid nocturne, de l’humidité et du volume supplémentaire lié aux vêtements. Votre configuration doit fonctionner dans ces deux extrêmes. Ce que vous portez le jour J fait partie intégrante du système : chaussures, couches, ceinture, poches, accessoires. Je dirai qu’un des point les plus essentiel à anticiper sera les chaussures que vous portez. Pensez donc à positionner et stocker votre sac près du choix de chaussures pour ne pas partir en sandalettes pour porter un sac à dos de presque 10 kg.
Enfin, au-delà du contenu, la variable déterminante reste la maîtrise. Chaque item présent doit avoir été testé, utilisé et compris en conditions réelles. On ne découvre ni la fragilité d’un zip, ni l’ergonomie médiocre d’un filtre, ni l’inconfort d’un portage le jour où l’on en dépend réellement.
Un sac pertinent n’est pas le plus impressionnant visuellement. C’est celui que l’on connaît, que l’on peut porter longtemps, dont on maîtrise les usages et dont on comprend les compromis.
En définitive, le sac d’évacuation n’est pas une assurance magique contre l’incertitude. C’est un levier de mobilité et de décision. Sa valeur réside dans la cohérence entre le matériel, la saison, le contexte et la personne qui le porte.
C’est cette cohérence, entretenue et testée, qui transforme un simple sac en véritable outil d’autonomie.

Je m’appelle Sébastien. Sans jugement ou catégorisation, je ne m’identifie pas plus particulièrement aux « Survivalistes », « Preppers », « Décroissant », (…) qui ont cependant le mérite de mettre en lumière des sujets et connaissances malgré tout. Je me reconnais plutôt comme un « Résilient ». En tant que père de famille, je développe une approche modéré, structurée et éducative avec une forte envie d’apprendre et transmettre. En savoir plus.








Excellent article. C’est complet précis et pragmatique. Je partage le questionnement sur le réchaud. Pour moi il faut en avoir un si on a une famille car le repas chaud ou la boisson chaude (en climat tempéré) est un démultipliant de réconfort. Sinon dans la voiture j’ai un esbit alcool solidifié de secours.
Pour le feu, un briquet entouré d’un morceau de chambre à air est suffisant pour démarrer un feu…
Ne pas oublier la bobologie: pansements, échardes, collyre, désinfectant.
Et quelque chose de souvent indispensable mais oublié : protection des mains, des gants rustiques et solides et surtout pas synthétiques : préférer le cuir).
Et oui j’ai pas mentionné des gants alors que j’en ai de mousquetonné plastique sur mon sac [ je vais faire un édit 😉 > Bien ganté]. Pour le kit feu que je mentionne, je n’ai pas détaillé mais c’est évident. De plus cela fait aussi parti de l’EDC.
Un oubli: je pense utile d’avoir une liste pense bête pour vérifier de ne pas oublier quelque chose en fonction du contexte, à côté du sac.
Pas forcément d’accord ! Pour constituer chacun fait ce qu’il veut, mais quand t’as 5 minutes pour partir, c’est pas vraiment le moment de déballer le sac pour vérifier avec une checklist. Par contre, 3 ou 4 questions en supplément du sac c’est pas inutile.
Super article. Les points importants sont mis en avant et parfaitement clairs. Merci pour cet article