Dans un monde hyperconnecté, nous avons pris pour acquis que l’information circule instantanément, que les emails arrivent en quelques secondes, que les applications de messagerie et les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec nos proches, où que nous soyons. Mais que se passe-t-il lorsque cette infrastructure s’effondre ? Lorsque les réseaux mobiles sont saturés ou coupés, que l’électricité fait défaut, ou que les catastrophes naturelles isolent des zones entières ? Dans ces situations, la transmission de données en situation dégradée devient cruciale, et la capacité à communiquer rapidement et efficacement peut faire la différence entre sécurité et chaos, coordination et confusion.
Pour faire suite aux articles précédents Communiquer en situation de rupture normalité et Continuité et défense numérique off-grid, ce nouvel article propose de dresser un panorama des solutions de transmission de données utilisables lorsque les réseaux classiques sont indisponibles ou saturés, en mettant un accent en particulier sur celles accessibles aux non-radioamateurs. L’objectif est double :
- Comprendre les technologies disponibles, de la plus simple à la plus complexe, en évaluant leur portée, leur débit, leur consommation énergétique, leur complexité et leur maintien opérationnel.
- Identifier les solutions pratiques et mises en œuvre facilement, pour permettre à chacun de construire une stratégie de communication résiliente, même en terrain isolé ou en situation d’urgence.
Nous aborderons à la fois les méthodes physiques, analogiques et numériques, allant du transport manuel de supports physiques (« sneakernet ») aux maillages IP, en passant par les smartphones en mode P2P, la radio analogique, les solutions radio LoRa, Mesh, les protocoles de radioamateur numérique comme AX.25, ainsi que les réseaux ad-hoc.
Chaque section détaillera le principe de fonctionnement, les avantages et limites, le matériel requis, et les cas d’usage concrets. À la fin de l’article, vous disposerez d’une cartographie des solutions, classées du plus simple au plus avancé. Dans ce contexte ne vous en étonnez pas, ce contenu pourra être indigeste pour la plus part, mais il aura le mérite d’établir une cartographie non exhaustive à l’instant T. Attention cet article est très long.
Sommaire :
- 1. Classification des solutions (vue d’ensemble)
- 2. Sneakernet et transport de supports
- 3. Transmission analogique de données
- 4. Le numérique et la radio (Packet, AX.25, KISS, APRS…)
- 5. Réseaux sans-fil ad-hoc et maillés (Mesh)
- 6. Classement pratique pour non-radioamateurs
1. Classification des solutions de communication
Dans toute situation où les réseaux classiques sont dégradés ou indisponibles, il est essentiel de comprendre l’ensemble des technologies et stratégies disponibles pour transmettre des données. La première étape consiste à poser une taxonomie claire, qui classe les solutions selon leur nature, leur portée, leur complexité, leur débit et leur robustesse. Cette vue d’ensemble permet au lecteur de situer chaque solution dans son contexte et de comprendre comment elles peuvent se combiner pour une résilience maximale.
Cette classification regroupe les méthodes de communication selon le vecteur utilisé et le niveau technologique requis. Elle permet de comprendre rapidement la portée, la résilience et les limites de chaque solution dans un contexte de rupture de normalité.
1.1 Communication physique (Sneakernet)
Principe : Transport manuel ou mécanique de supports de données (clé USB, carte SD, microfilm, documents papier).
Sous-types : transport humain, boîtes aux lettres mortes, pigeons voyageurs, drones ou véhicules autonomes.
Avantages :
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- Immunité totale aux brouillages et aux surveillances électroniques.
- Indépendance énergétique et simplicité technique.
- Discrétion maximale et possibilité de cloisonner l’information.
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Limites :
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- Lent et dépendant de la logistique humaine ou animale.
- Portée limitée selon le vecteur utilisé.
- Risque de perte ou compromission de l’emplacement.
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1.2 Transmission analogique
Principe : Utilisation de la modulation d’un signal porteur pour transmettre voix, tonalités, données ou images.
Sous-types : FM, AM, SSB, DTMF, FSK/AFSK, RTTY, SSTV, fax radio.
Avantages :
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- Simple et accessible, matériel courant et durable.
- Compatible entre générations, tolérance aux interférences et faible puissance.
- Permet la coordination humaine et la transmission de données minimales.
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Limites :
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- Débit très faible.
- Nécessite une formation minimale.
- Chiffrement non natif.
- HF sensible aux conditions atmosphériques et ionosphériques.
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1.3 Numérique sur radio analogique
Principe : Codage des données numériques sous forme audio pour transmission sur radio analogique.
Sous-types : AX.25 / Packet Radio, APRS, VARA, PACTOR, ARDOP, Winlink.
Avantages :
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- Transmission fiable et répétition automatique.
- Possibilité de store-and-forward et intégration dans un réseau maillé.
- Compatible avec la radio analogique existante.
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Limites :
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- Débit limité (quelques kbps).
- Configuration technique et matériel spécifique nécessaires (TNC, logiciel).
- HF sensible aux conditions météorologiques.
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1.4 Radios numériques natives
Principe : Transmission binaire directe, sans modulation audio.
Sous-types : DMR, C4FM, D-STAR, P25, TETRA, PMR446 numérique.
Avantages :
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- Flux binaire propre, correction d’erreurs intégrée.
- Transmission de SMS, télémétrie, alertes et GPS.
- Réseaux de relais numériques performants.
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Limites :
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- Débits faibles (quelques kbps), peu adaptés aux fichiers.
- Usage limité par réglementation pour non-radioamateurs.
- Matériel parfois coûteux et écosystèmes fermés.
- Interopérabilité limitée entre technologies.
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1.5 Réseaux sans-fil ad-hoc et maillés (Mesh)
Principe : Création d’un réseau local ou étendu sans infrastructure centralisée, via Wi-Fi ou LoRa.
Sous-types : Wi-Fi mesh (batman-adv, LibreMesh), LoRa Mesh (Meshtastic), applications Briar ou Serval.
Avantages :
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- Infrastructure autonome rapide à déployer.
- Partage de messages, fichiers et données de capteurs.
- Redondance grâce au store-and-forward et maillage des nœuds.
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Limites :
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- Débit limité sur LoRa, Wi-Fi dépendant de la densité des nœuds.
- Configuration technique complexe pour débutants.
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2. Sneakernet et transport de supports
Lorsque toute transmission électronique devient impossible (brouillage, blackout, absence d’énergie ou besoin de discrétion absolue), il reste le plus archaïque et le plus robuste des modes de communication : le transport physique de donnéeq. Le principe du Sneakernet (« réseau furtif ») consiste à déplacer manuellement les données d’un point à un autre à l’aide d’un support matériel. C’est une approche lente, mais d’une résilience incomparable.
2.1 Principe général
Le Sneakernet repose sur le transport physique de supports de données : clé USB, carte SD, disque dur, carte papier ou microfilm (dans les films d’espionnage). Le message voyage non pas par les ondes ou le réseau, mais par un vecteur humain, animal ou mécanique.
2.2 Avantages
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- Immunité totale au brouillage et à la surveillance électronique.
- Indépendance énergétique : pas besoin d’alimentation continue.
- Simplicité technique et réparabilité totale.
- Redondance : complément naturel des communications analogiques ou radio.
- Aucune émission détectable, idéal pour les contextes discrets.
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2.3 Supports adaptés
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- Clés USB chiffrées (Veracrypt, Bitlocker, IronKey).
- Cartes SD scellées dans un sachet étanche.
- Microfilms, QR codes ou microfiches pour les données ultra-légères.
- Documents papier codés pour environnement sans matériel informatique.
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2.4 Transport humain – la messagerie vivante
Le mode le plus courant : un porteur se déplace à pied, en vélo, à moto ou en véhicule discret. Rapide à l’échelle locale, ce mode requiert une discipline logistique, un réseau de confiance et une discrétion stricte. Les relais successifs permettent de constituer une chaîne Sneakernet territoriale, où chaque maillon ne connaît que son contact immédiat.
2.5 Boîtes aux lettres mortes
Technique issue du renseignement : une cache fixe sert de relais entre deux agents ne se rencontrant jamais. Le message, la clé ou le support est dissimulé à un emplacement convenu (pierre creuse, tube PVC, arbre marqué, etc.). Avantages :
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- Zéro contact humain, donc aucun lien traçable.
- Synchronisation différée entre acteurs déconnectés.
- Facilité d’entretien : entretien discret, changement de code ou d’emplacement (changements irréguliers et non périodique mais planifié en avance ou suivant une logique algorithmique [clé connue des tiers comme par exemple le huitième jour avant la pleine lune]).
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2.6 Transport animal – les pigeons voyageurs
Les pigeons voyageurs ont servi jusqu’aux années 1980 (armée, marine, secours, sport). Aujourd’hui encore, ils constituent une option organique, autonome et non détectable électromagnétiquement. Un pigeon peut transporter :
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-
- Une carte SD dans une capsule légère.
- Un QR code imprimé (clé, coordonnées, message chiffré).
- Un papier crypté utilisant stéganographie ou chiffrement manuel.
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Les colombiers mobiles peuvent servir de nœuds analogiques autonomes. Ils représentent une solution low-tech, silencieuse et souveraine, idéale pour les environnements dégradés ou les zones sans infrastructure.
2.7 Moyens mécaniques et hybrides
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- Drones à vol préprogrammé sans émission radio (autonomes ou semi-guidés).
- Mini planeurs légers à déploiement manuel.
- Véhicules terrestres autonomes simplifiés (type rover ou robot de livraison en circuit fermé). Ces moyens offrent une rapidité accrue, mais demandent énergie, maintenance et calibration.
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2.8 Sécurité, codage et cloisonnement
La sécurité repose sur le chiffrement fort et la segmentation des informations :
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- Utiliser AES-256 ou RSA-4096 pour les données sensibles.
- Cloisonner : un support = un message ou un fragment d’information.
- Étiquetage discret : symboles, couleurs, codes visuels.
- Effacement post-transmission : destruction du support ou reformatage sécurisé
- Authentification simple : mot-clé, phrase de passe, code visuel partagé.
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2.9 Avantages et limites comparés
| Mode / vecteur | Avantages principaux | Limites et contraintes |
|---|---|---|
| Transport humain | Flexible, rapide, discret, fiable | Risque humain, exposition physique, logistique nécessaire |
| Boîte morte | Aucun contact direct, haut niveau de discrétion | Délai, risque de compromission de l’emplacement |
| Pigeon voyageur | Autonome, silencieux, non détectable | Portée limitée, pertes possibles |
| Drone autonome | Rapide, programmable, précis | Consommation d’énergie, risque de détection sonore |
| Sneakernet motorisé | Grande capacité de transport | Dépendance carburant, visibilité accrue |
2.10 Synthèse opérationnelle
Le Sneakernet et ses variantes animales ou mécaniques forment le socle ultime de la résilience communicante. Lente mais sûre, cette méthode devient centrale dans un environnement où la radio ou le numérique sont compromis.
En contexte de rupture de normalité :
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- Elle constitue le niveau zéro de la continuité d’information.
- Elle permet de synchroniser plusieurs zones autonomes sans infrastructure.
- Combinée aux communications analogiques (section suivante), elle forme une architecture mixte : analogique + physique = redondance maximale.
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En d’autres termes :
Quand plus rien ne passe dans les airs, il reste toujours un humain, un pigeon ou un disque dans une poche pour faire circuler l’information.
3. Transmission analogique de données
3.1 Introduction – le dernier langage universel
Avant Internet, avant le numérique, avant même les satellites, les ondes analogiques ont permis de relier les hommes à travers mers, montagnes et crises. En contexte de rupture de normalité, l’analogique demeure le socle minimal fonctionnel :
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- Pas besoin d’infrastructure.
- Matériel simple, durable et réparable.
- Transmission directe, locale ou longue distance.
- Tolérance élevée aux interférences, brouillages et faibles puissances.
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Quand tout le reste échoue, une radio et un opérateur discipliné suffisent à maintenir le lien.
3.2 Architecture et principe de fonctionnement
L’analogique repose sur la modulation d’un signal porteuse par une information audio (voix, tonalité, signal codé).
Ce signal peut transporter :
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- De la voix humaine.
- Des sons codés (DTMF, FSK, AFSK, RTTY).
- Des images analogiques (SSTV).
- Des données numériques converties en sons (via TNC/KISS).
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3.3 Modes analogiques de base
3.3.1 Voix FM/AM/SSB
C’est la base : communiquer verbalement en phonie.
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- FM (Frequency Modulation) : qualité sonore, usage local.
- AM (Amplitude Modulation) : portée étendue, mais bruit.
- SSB (Single Side Band) : la plus efficace pour les longues distances HF.
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Ces modes sont universels, interopérables entre générations d’équipements, et constituent la première brique d’un réseau de survie.
3.3.2 Codage phonétique et messages structurés
En l’absence de data, il faut structurer la voix. Exemples :
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- Alphabet phonétique international (Alpha, Bravo, Charlie…)
- Groupes de 5 caractères pour transmettre des codes ou données chiffrées.
- Messages préformatés : météo, alerte, état, position.
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Une fiche standardisée avec les formats de message simplifie les échanges :
Exemple : « Météo secteur 2 : vent 20 nord-est, visibilité 5, ciel clair, fin du message. »
3.4 Transmission analogique de données par le son
Même sans mode numérique, la radio analogique peut transporter de la donnée numérique sous forme sonore.
3.4.1 DTMF – le langage caché des tonalités téléphoniques
Le DTMF (Dual-Tone Multi-Frequency) encode des chiffres et caractères (0–9, A–D, *, #) sous forme de paires de sons distincts. Chaque touche génère une combinaison unique de deux fréquences (haute + basse), ce qui en fait un langage analogique simple mais robuste.
En utilisant la touche PTT combiné à l’appui d’un chiffre sur le clavier du portatif, vous allez émettre un code DTMF sur la fréquence choisie de la radio. Que cela soit en téléphonie ou en radio analogique, ces codes sont transmis à tous les appareils sur la même fréquence ou porteuse. Si le récepteur est en capacité de traiter ces codes, nous pourrons agir sur un dispositif à distance.
Un code DTMF (dual-tone multi-frequency) ou FV (Fréquences Vocales) est une combinaison de fréquences utilisée pour la téléphonie fixe classique (sauf voix sur IP). Ces codes sont émis lors de la pression sur une touche du clavier téléphonique, et sont utilisés pour la composition des numéros de téléphones (en opposition aux anciens téléphones dits « à impulsions », utilisant un cadran) ainsi que pour la communication avec les serveurs vocaux interactifs.
Exemple de bi-tonalités
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- # = 941 Hz + 1477 Hz [941,1477]
- * = 941 Hz + 1209 Hz [941,1209]
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Dans le cas du SR-112 et si vous avez bien réglé le volume sonore du portatif, les codes DTMF seront traités comme des commandes distantes et pourront agir sur le paramétrages du répéteur simplex.
Utilisation en radio :
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- Signaler des ordres courts : activation d’un relais, alerte, commande d’équipement.
- Transmettre des identifiants ou codes chiffrés.
- Établir un protocole minimal de messagerie codée, même sans modem.
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Matériel nécessaire :
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- Poste radio FM avec DTMF intégré.
- Récepteur avec décodeur DTMF ou logiciel de décodage (Multimon-NG, FLDigi).
- Générateur DTMF sur smartphone ou clavier radio pour l’émission.
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Exemple :
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- Code “#23A” → “message reçu, relais 2 activé”.
- Transmission en tonalités sur fréquence dédiée, décodée automatiquement à réception.
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Avantages :
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- Universel, simple, audible.
- Très compact, rapide à transmettre.
- Fiable même à faible SNR.
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Limites :
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- Débit faible : quelques caractères par seconde.
- Non chiffré : nécessite protocole ou code préétabli.
- Volume de données limité.
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3.4.2 FSK / AFSK – la donnée dans le son
Frequency-Shift Keying (FSK) et sa version audio AFSK sont des techniques consistant à encoder des bits sous forme de sons distincts (deux fréquences). Ce principe permet à une simple radio FM analogique de transporter de la donnée numérique via un modem ou un ordinateur.
Applications :
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- RTTY (Radio TeleType)
- Télémétrie basique (capteurs, positions, mesures)
- Modes modernes hybrides (JS8Call, FT8, Olivia) sur support analogique.
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Exemple concret :
Un Raspberry Pi ou PC connecté à une radio VHF via un câble audio peut transmettre un petit fichier texte par FSK, avec un TNC logiciel (Direwolf) ou matériel.
3.4.2.1 RTTY – Radioteletype
RTTY est un mode historique de texte sur radio analogique. Il utilise deux tonalités (Mark/Space) pour coder des bits et reste robuste même sur signaux faibles.
Caractéristiques :
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- Tonalités : Mark 2125 Hz, Space 2295 Hz
- Vitesse : 45,45 bauds
- Codage : Baudot 5 bits
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Utilisation :
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- Messages textuels courts.
- Bulletins météo ou positions.
- Coordination d’équipes terrain.
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Matériel :
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- Radio FM/SSB
- PC ou Raspberry Pi avec FLDigi, MultiPSK
- Câble audio ou interface VOX
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Avantages : robuste, facile à décoder, universel sur FM.
Limites : débit faible, texte uniquement, non chiffré.
3.4.3 SSTV – Slow Scan Television
Technique analogique pour envoyer des images fixes via radio FM ou SSB. Chaque image est convertie en sons (120 s environ par image). Applications :
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- Observation à distance.
- Transmission de cartes, instructions ou schémas.
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3.4.4 Fax et données analogiques spécialisées
Certains systèmes anciens (marine, météo, armée) utilisent la radiofax, un mode analogique d’impression d’images. Outils libres (FLDigi, MultiPSK) permettent de recevoir et décoder ces signaux.
3.5 Matériel et interfaces utiles
-
-
- Radio analogique VHF/UHF : Baofeng UV-5R, TYT UV88…
- Radio HF SSB : Xiegu G90, Icom IC-705, FT-817…
- Ordinateur, Raspberry Pi ou smartphone avec interface audio.
- Câble audio ou interface isolée (Signalink, homebrew).
- Logiciels : FLDigi, QSSTV, Direwolf, EasyTerm, JS8Call.
-
Schéma type :
3.6 Opérations pratiques
-
-
- Synchroniser les fréquences et établir un plan d’appel.
- Normaliser les messages : formulaires, numérotation, horodatage.
- Prévoir redondance : répétition des transmissions, relais humain, journal de bord.
- Protéger la donnée : chiffrement avant modulation, codes convenus.
- Optimiser le signal : puissance minimale, antenne adaptée, dégagement et hauteur.
-
3.7 Avantages et limites
| Aspect | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Accessibilité | Simple, matériel courant, peu coûteux | Formation de base nécessaire |
| Résilience | Aucune dépendance réseau, large portée | Sensible aux interférences/bruits |
| Interopérabilité | Compatible entre générations | Débit limité (quelques bauds) |
| Sécurité | Pas de trace numérique | Pas de chiffrement natif |
| Autonomie énergétique | Radio sur batterie et recharge solaire | Gestion d’énergie à planifier |
3.8 Synthèse opérationnelle
La radio analogique constitue le pilier central de la continuité d’information. Elle permet :
-
-
- La coordination de terrain (phonie).
- La transmission de données essentielles et minimaliste (FSK, DTMF, SSTV).
- La liaison entre zones autonomes via HF ou relais manuels.
- Le support de base pour les architectures hybrides (analogique ↔ numérique).
-
Elle forme, avec le Sneakernet, la base universelle de toute stratégie de communication de résilience :
La voix maintient le lien humain ; le son transporte les données ; l’onde reste la base de la résilience communicationnelle.
4. Le numérique et la radio (Packet, AX.25, KISS, APRS…)
4.1 Introduction – du son au bit
Alors que la section 3 traitait des transmissions entièrement analogiques, cette section s’intéresse aux techniques qui transforment la radio en canal de données numériques. Ces méthodes permettent de transmettre :
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-
- Messages structurés (texte, coordonnées, état).
- Télémétrie de capteurs.
- Petits fichiers ou fragments de données.
-
Elles offrent fiabilité, répétition automatique et possibilité d’intégration dans un réseau maillé, tout en restant accessibles à un utilisateur non-radioamateur, avec un peu de matériel et de logiciel.
4.2 Principes communs
-
-
- Modulation audio sur fréquence radio : la radio reste analogique, mais les données sont codées en sons.
- Redondance et correction d’erreurs : la plupart des protocoles numériques incluent du Forward Error Correction (FEC) ou des accusés de réception automatiques.
- Interfaces TNC (Terminal Node Controller) : convertissent la donnée numérique en sons modulés et vice-versa.
- Topologies envisageable : point-à-point, relais, maillage, store-and-forward.
-
4.3 AX.25 / Packet Radio
4.3.1 Description
-
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-
-
- Standard historique de la radio-amateur pour la transmission de paquets numériques.
- Basé sur KISS (Keep It Simple Stupid) : protocole simplifié pour interfacer TNC et ordinateur.
- Applications : messages texte, télémétrie, mini fichiers, suivi de position.
-
-
-
4.3.2 Matériel nécessaire
-
-
-
-
- Radio VHF/UHF FM compatible
- TNC matériel ou logiciel (ex. Direwolf)
- Ordinateur ou Raspberry Pi
- Câble audio ou interface USB
-
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4.3.3 Exemple d’usage
-
-
-
-
- Transmettre les positions GPS des équipes de terrain
- Envoyer un état opérationnel simple : “Secteur 2 sécurisé, équipement OK”
-
-
-
4.3.4 Avantages et limites
| Avantages | Limites |
|---|---|
| Fiable sur faible bande passante | Débit limité (1200–9600 bps) |
| Protocoles standards | Configuration initiale requise |
| Compatible avec relais automatiques | Besoin d’un TNC ou logiciel compatible |
4.4 APRS (Automatic Packet Reporting System)
-
-
- Basé sur AX.25, mais orienté position et messages courts
- Transmet coordonnées GPS, états, alertes et messages courts
- Réseau mondial avec relais radio et Internet pour distribution secondaire
- Matériel : radio + TNC + GPS + logiciel APRS (ex. Xastir, YAAC)
-
4.5 VARA / PACTOR / ARDOP – HF numérique
-
-
- VARA : haute fiabilité sur HF, utilisé pour mails et messages structurés
- PACTOR : standard militaire et maritime, robuste sur bruit HF
- ARDOP : open-source, moderne, remplacement logiciel pour HF
-
Avantages : longue distance, correction d’erreurs automatique, capacité store-and-forward.
Limites : matériel plus coûteux, parfois nécessitant licences ou abonnements
4.6 Winlink – messagerie radio numérique
-
-
- Permet l’envoi et réception d’emails via radio HF/VHF
- Intègre AX.25, VARA et PACTOR selon la bande
- Très utile pour les équipes sur le terrain ou maritimes
- Fonctionne en mode store-and-forward : pas besoin de connexion en temps réel
-
4.7 Radios numériques natives (DMR, C4FM, D-STAR, P25, TETRA)
Contrairement aux modes numériques précédents (AX.25, APRS, VARA…), qui utilisent de l’audio modulé sur une radio analogique, certaines radios sont numériques par conception : elles ne transportent plus un son modulé, mais directement un flux binaire structuré. Ce type de radio gère naturellement :
-
-
- messages courts (SMS, statuts)
- identifiants d’appel
- GPS / télémétrie
- signalisation réseau
- petits blocs de données
-
Ces technologies sont largement utilisées dans les organisations professionnelles (sécurité, industrie, transport), mais leur accès légal et utilité pratique varient fortement selon la catégorie d’utilisateur.
4.7.1 Principe général – pas de son, du binaire natif
Les radios numériques natives utilisent une architecture “tout-numérique” :
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-
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- trames binaires
- TDMA ou FDMA
- chiffrement intégré (selon techno)
- correction d’erreurs (FEC)
- routage interne ou relais numériques
-
-
Avantage clé : la donnée n’est plus limitée par un canal audio – c’est un vrai flux numérique, propre, avec peu d’erreurs.
Limite : débit souvent très faible (quelques kbps), suffisant pour du texte ou de la télémétrie, pas pour du fichier.
4.7.2 Capacités de données selon les technologies
| Technologie | Type | Capacités data | Remarques |
|---|---|---|---|
| DMR | Pro / semi-pro | SMS, GPS, télémétrie, courtes données | Très répandu. Débits utiles faibles. |
| C4FM (Fusion) | Radioamateur | Petits paquets data ; position ; messages courts | Restrictif → licence nécessaire. |
| D-STAR | Radioamateur | Données + messages ; version DD à 128 kbps | Usage data limité aux bandes radioamateurs. |
| P25 | Pro / étatique | SMS, GPS, statuts, télécommande | Usage institutionnel uniquement. |
| TETRA | Pro | Paquets courts + data IP lente | Réservé réseaux pros/étatiques. |
4.7.3 Utilisation par un non-radioamateur
Les restrictions sont majeures :
✔ Possible légalement : PMR446 numérique (DMR446)
Très peu de modèles, puissance/antenne bridées, mais légal sans licence. Permet :
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- messages courts
- statuts
- ID de groupe
- parfois GPS
-
-
-
-
Pratique mais portée faible (PMR446 classique).
✘ Interdit aux non-licenciés :
-
-
-
-
-
- DMR professionnel non homologué (Anytone, TYT…)
- C4FM
- D-STAR
- P25
- TETRA
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-
Ces systèmes nécessitent soit :
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-
-
-
- une licence radioamateur,
- une autorisation professionnelle,
- ou appartenance à un réseau étatique/privé.
-
-
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4.7.4 Avantages et limites opérationnelles
Avantages
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-
-
-
-
- Transmission propre, robuste, gérée en binaire.
- FEC + ARQ intégrés dans les standards.
- Envoi de SMS, télémétrie, alertes, GPS.
- Réseaux de relais numériques performants (DMR Tier II, C4FM Wires-X, D-STAR).
- Plus simple à exploiter pour les données que l’analogique + TNC.
-
-
-
-
Limites
-
-
-
-
-
- Débits très faibles (quelques kbps).
- Peu adapté aux fichiers, juste aux messages courts.
- Quasi tout est limité par la réglementation pour un non-radioamateur.
- Matériel parfois coûteux pour une exploitation limitée, ecosystemes fermés.
- Interopérabilité limitée entre technologies.
-
-
-
-
4.7.5 Synthèse à retenir
Les radios numériques natives permettent d’envoyer de la donnée sans passer par l’audio, ce qui les rend simples, efficaces et robustes pour les messages courts, statuts et GPS. Mais pour un utilisateur non-radioamateur, seule la voie du PMR446 numérique est réellement autorisée et exploitable. Dans la majorité des scénarios EMCOMM ou SHRN pour le grand public, AX.25 sur radio analogique reste la solution numérique la plus accessible, malgré sa technicité.
Les sections suivantes reviennent aux outils universels (TNC, logiciels multimodes, applications data) qui s’appliquent principalement aux radios analogiques et aux protocoles numériques traditionnels comme AX.25, APRS, JS8Call ou VARA.
4.8 Interfaces et logiciels
-
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- TNC matériel : Kantronics KPC-3+, TinyTrak, Signalink
- TNC logiciel : Direwolf, Soundmodem
- Applications : JS8Call, FLDigi, Xastir, YAAC, Winlink Express
- Microcontrôleurs : Raspberry Pi + radio VHF/UHF ou HF
-
4.9 Opérations pratiques
-
-
- Planifier fréquences et horaires
- Normaliser messages (texte, codes, télémétrie)
- Prévoir redondance et retransmission automatique
- Pré-chiffrer les messages sensibles
- Tester les relais et gateways avant utilisation
-
4.10 Avantages et limites
| Aspect | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Débit | Plus rapide que DTMF ou FSK basique | Toujours faible comparé à Internet |
| Fiabilité | Correction d’erreurs, retransmission | Dépend du matériel TNC ou logiciel |
| Distance | VHF/UHF locale, HF longue distance | HF sensible aux conditions météo et ionosphère |
| Redondance | Peut utiliser store-and-forward et gateways | Complexité technique pour débutants |
4.11 Synthèse opérationnelle
Les modes numériques radio étendent les capacités de l’analogique :
-
-
- Transmettre messages structurés et petits fichiers
- Automatiser la diffusion par relais et la répétition
- Combiner avec SSTV, FSK, DTMF et Sneakernet pour une redondance totale
-
Le numérique radio transforme la voix et le son en bits exploitables, mais repose toujours sur le socle analogique et les principes de discipline opérationnelle.
Les radios numériques natives (DMR, C4FM, D-STAR…) apportent aussi des capacités data simples, mais leur usage reste réglementé et limité pour un non-radioamateur.
5. Réseaux sans-fil ad-hoc et maillés (Mesh)
5.1 Introduction – créer un réseau sans infrastructure
Dans un contexte de rupture de normalité, les réseaux classiques (Internet, téléphonie mobile) peuvent tomber. Les réseaux ad-hoc et maillages routés permettent aux utilisateurs de créer une infrastructure de communication locale ou étendue, avec ordinateurs, routeurs Wi-Fi ou boîtiers LoRa (Meshtastic).
Ces réseaux sont particulièrement adaptés pour :
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- Relier plusieurs équipes sur un périmètre limité (ville, village, base opérationnelle).
- Partager messages, fichiers ou données de capteurs sans dépendre d’un opérateur.
- Combiner Wi-Fi et LoRa pour créer des architectures hybrides résilientes.
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5.2 Concepts clés
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- Ad-hoc Wi-Fi : chaque appareil communique directement avec les autres, sans point d’accès central.
- Mesh routing : chaque nœud retransmet le trafic pour étendre portée et robustesse.
- Store-and-forward : messages stockés temporairement sur chaque nœud jusqu’à ce qu’une route vers la destination soit disponible.
- LoRa Mesh (Meshtastic) : permet de créer un réseau longue portée à faible débit, adapté aux messages courts et capteurs.
- Protocoles : batman-adv, cjdns, OLSR pour Wi-Fi ; Meshtastic pour LoRa.
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5.3 Types de matériel
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- Wi-Fi Mesh : ordinateurs, Raspberry Pi, routeurs open-source (OpenWrt, LibreMesh, batman-adv).
- LoRa Mesh (Meshtastic) : boîtiers LoRa portables, balises ou modules sur sac à dos.
- Smartphones et tablettes : applications Briar, Serval pour Wi-Fi mesh ; applications Meshtastic pour LoRa.
- Points d’accès portables : travel routers, mini AP pour étendre couverture Wi-Fi.
- Alimentation autonome : batteries externes, panneaux solaires, génératrices.
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Conseil pratique : combiner Wi-Fi pour transfert fichiers et LoRa pour messagerie courte et télémétrie augmente résilience et portée.
5.4 Logiciels et protocoles
| Usage | Logiciel / protocole | Remarques |
|---|---|---|
| Routage mesh Wi-Fi | batman-adv | Stable, support Linux, simple pour réseaux locaux |
| Réseau chiffré P2P | cjdns | Adressage IPv6 crypté, auto-configuré |
| Messagerie hors ligne Wi-Fi | Briar / Serval | Texte et fichiers, chiffrement end-to-end |
| Distribution fichiers / capteurs | LibreMesh / SMesh | Adapté IoT, fichiers légers |
| LoRa Mesh | Meshtastic | Faible débit, longue portée, autonomie élevée, messages texte et capteurs |
| Expérimental | HSMM-Mesh | Wi-Fi longue portée, urbain/rural, limité par bande |
5.5 Cas d’usage concrets
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- Village isolé : Raspberry Pi + routeurs Wi-Fi en maillage pour relayer messages d’alerte.
- Équipe de terrain : smartphones + Briar/Serval pour partager positions et fichiers cartographiques.
- Campement autonome : nœuds LoRa Meshtastic + Wi-Fi pour transmettre télémétrie (météo, niveau d’eau, énergie).
- Mission courte portée : nœuds Meshtastic attachés aux sacs ou véhicules pour rester connectés sur plusieurs kilomètres sans Wi-Fi.
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5.6 Avantages et limites
| Aspect | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Accessibilité | Matériel courant, open-source | Configuration initiale complexe pour débutants |
| Portée | Wi-Fi via maillage, LoRa longue portée | Wi-Fi limité par densité de nœuds, LoRa faible débit pour fichiers |
| Résilience | Auto-réparation du réseau, redondance | Panne simultanée de plusieurs nœuds critique |
| Sécurité | Chiffrement possible (cjdns, Briar, Meshtastic) | Dépend de l’implémentation et discipline des utilisateurs |
| Débit | Wi-Fi pour fichiers, LoRa pour messages courts | LoRa faible débit pour gros fichiers, HSMM limité par bande |
5.7 Opérations pratiques
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- Planifier la topologie : points fixes, mobiles et relais temporaires.
- Identifier canaux Wi-Fi libres et éviter interférences.
- Mettre en place chiffrement et authentification : WPA3, VPN interne, cjdns, Meshtastic encryption.
- Tester redondance et store-and-forward avant déploiement.
- Prévoir alimentation autonome pour nœuds critiques.
- Documenter le réseau : carte des nœuds, identifiants, instructions simples pour les utilisateurs.
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5.8 Synthèse opérationnelle
Les réseaux Wi-Fi mesh et LoRa Meshtastic offrent :
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- Infrastructure locale autonome, rapide à déployer.
- Partage de messages, fichiers et données de capteurs sans dépendre d’opérateur ou Internet.
- Intégration facile avec radio et LoRa pour créer un système hybride.
- Idéal pour zones densément peuplées ou périmètre de quelques kilomètres.
- Combinaison Wi-Fi + LoRa + radio constitue un maillon fiable dans un écosystème de résilience.
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6. Classement pratique pour non-radioamateurs
Dans un contexte où les réseaux classiques peuvent être indisponibles ou insuffisants, il est utile de disposer d’options de communication alternatives, accessibles sans compétences techniques avancées en radio. Cette section propose un classement pratique des technologies et méthodes de communication, en tenant compte non pas de leur complexité technique pure, mais de leur efficacité et pertinence dans des situations concrètes pour des utilisateurs non-radioamateurs.
Chaque niveau présente un type de solution, ses avantages, ses limites et le contexte dans lequel elle peut être le plus utile. L’objectif est d’aider le lecteur à choisir rapidement la méthode adaptée à ses besoins, que ce soit pour transférer des données volumineuses, rester en contact sur un terrain isolé, partager des informations légères entre plusieurs appareils ou coordonner des équipes en situation d’urgence.
6.1 Niveau 1 – Sneakernet / support physique
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- Principe : Transport physique de données sur clé USB, disque dur, etc.
- Avantages : Très fiable, discret, aucun besoin de réseau.
- Limites : Dépend de la mobilité des personnes, délai de transmission.
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6.2 Niveau 2 – Radio analogique PMR / FRS
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- Principe : Communication vocale simple via radio grand public.
- Avantages : Utilisation immédiate, pas d’abonnement, facile à apprendre.
- Limites : Portée limitée (1–5 km), faible débit (voix uniquement), sensible aux interférences.
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6.3 Niveau 3 – Réseaux sans-fil ad-hoc et maillés
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- Principe : Création de réseaux locaux sans infrastructure (Wi-Fi Mesh, LoRa Mesh / Meshtastic).
- Avantages : Ne dépend pas d’Internet, résilient aux pannes locales, possibilité d’étendre la couverture via plusieurs nœuds.
- Limites : Débit limité (LoRa très faible, Wi-Fi modéré), configuration initiale plus technique, portée dépend du maillage.
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6.4 Niveau 4 – Radios numériques (DMR, C4FM, D-STAR, P25, TETRA…)
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- Principe : Radios modernes capables de transmettre voix, textes courts et GPS.
- Avantages : Transmission plus robuste, certains protocoles chiffrés, possibilité d’envoyer données textuelles ou position GPS.
- Limites : Matériel plus coûteux, configuration parfois complexe, débit limité pour fichiers volumineux.
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| Niveau | Technologie | Principe | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Sneakernet / support physique | Transport physique de données (clé USB, disque dur…) | Très fiable, discret, aucun besoin de réseau | Dépend de la mobilité, transmission lente |
| 2 | Radio analogique PMR / FRS | Communication vocale simple via radio grand public | Utilisation immédiate, pas d’abonnement, facile à apprendre | Portée limitée (1–5 km), voix uniquement, sensible aux interférences |
| 3 | Réseaux sans-fil ad-hoc et maillés | Réseaux locaux sans infrastructure (Wi-Fi Mesh, LoRa Mesh / Meshtastic) | Ne dépend pas d’Internet, résilient aux pannes locales, extensible via plusieurs nœuds | Débit limité (LoRa très faible, Wi-Fi modéré), configuration technique, portée dépend du maillage |
| 4 | Radios numériques (DMR, C4FM, D-STAR, P25, TETRA…) | Radios modernes transmettant voix, textes courts, GPS | Transmission robuste, certains protocoles chiffrés, possibilité d’envoyer données textuelles ou position GPS | Matériel coûteux, configuration parfois complexe, débit limité pour fichiers volumineux |

Je m’appelle Sébastien. Sans jugement ou catégorisation, je ne m’identifie pas plus particulièrement aux « Survivalistes », « Preppers », « Décroissant », (…) qui ont cependant le mérite de mettre en lumière des sujets et connaissances malgré tout. Je me reconnais plutôt comme un « Résilient ». En tant que père de famille, je développe une approche modéré, structurée et éducative avec une forte envie d’apprendre et transmettre. En savoir plus.










