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Et si un simple sticker pouvait limiter un départ de feu ?

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Ferosticker F01 : et si un simple sticker pouvait limiter un départ de feu ?

Lorsque l’on parle de protection incendie, on pense immédiatement aux extincteurs, aux détecteurs de fumée ou encore aux systèmes automatiques utilisés dans les bâtiments industriels. En revanche, on s’intéresse beaucoup moins à tous ces petits volumes fermés qui nous entourent au quotidien. Un coffret électrique, une baie informatique, une installation solaire, un compartiment technique ou un équipement radio peuvent pourtant concentrer beaucoup d’énergie et de matériel dans un espace réduit.

J’ai consacré un article à la sécurité du domicile et au risque incendie il y a quelques années dans lequel je détaillais les principaux moyens de prévention, de détection et d’intervention à l’échelle de l’habitation : détecteurs de fumée, extincteurs, couvertures anti-feu, évacuation et organisation familiale.

Sécurité du domicile

Mais si un simple sticker pouvait apporter une protection supplémentaire ?

C’est un peu par hasard que j’ai découvert le Ferosticker F01, un dispositif dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Au premier regard, le produit n’a d’ailleurs rien de spectaculaire : une petite plaquette que l’on fixe à l’intérieur du volume que l’on souhaite protéger. Pas d’alimentation électrique, pas de câblage, pas de capteur à installer ni de centrale d’alarme.

Le principe est pourtant intéressant. Le fabricant indique que le F01 s’active lorsque sa température atteint 170 ± 10 °C et libère alors un aérosol à base de potassium destiné à interrompre la combustion. Le dispositif est annoncé pour des volumes fermés allant jusqu’à 0,1 m³, soit 100 litres, avec une durée de service annoncée de six ans. (Ferosticker)

Ce qui a retenu mon attention n’est finalement pas tellement la technologie elle-même, mais ce qu’elle permet de faire : disposer d’un moyen d’extinction directement dans un équipement, capable d’agir automatiquement alors que personne n’est présent pour intervenir.

Une protection qui n’attend personne

Le Ferosticker m’amène cette fois à regarder le problème sous un autre angle. Il ne s’agit plus de sécuriser l’ensemble d’un logement, mais de s’intéresser à ces petits volumes techniques qui peuvent fonctionner seuls, parfois pendant de longues périodes, et dans lesquels personne ne sera nécessairement présent au moment où un incident survient.

C’est une différence d’échelle, mais la logique reste la même : prévenir autant que possible, puis prévoir ce qui peut se passer lorsque la prévention n’a pas suffi.

Nous disposons aujourd’hui de nombreux équipements capables de fonctionner pendant des jours, des semaines ou parfois des mois sans intervention. Une installation photovoltaïque continue à fonctionner en notre absence, une baie réseau reste alimentée en permanence et un équipement radio autonome peut être installé dans un endroit isolé puis fonctionner pendant une longue période sans que personne ne soit à proximité.

Nous faisons beaucoup d’efforts pour rendre ces systèmes autonomes. Pourtant, leur sécurité repose encore souvent sur notre capacité à détecter un problème et à intervenir rapidement.

C’est là que le concept du Ferosticker devient intéressant. Il ne cherche pas à protéger une habitation entière ou à remplacer les moyens classiques de lutte contre l’incendie. Son rôle est beaucoup plus local : agir directement dans le volume où se trouve l’équipement à protéger.

Ferosticker présente d’ailleurs le F01 pour différentes applications de ce type, notamment les coffrets électriques, les équipements solaires, les véhicules, les camping-cars, les bateaux et différents compartiments techniques. (Ferosticker)

Une autre façon de penser la sécurité

Cette découverte m’a amené à regarder différemment les équipements qui m’entourent. Nous avons tous des installations qui restent sous tension alors que nous sommes absents, parfois dans un garage, un atelier, un véhicule ou un endroit isolé.

Tant que tout fonctionne normalement, on n’y pense plus. Pourtant, une défaillance électrique, un composant qui chauffe anormalement ou une connexion qui se détériore peuvent toujours provoquer un incident.

La question n’est donc pas seulement de savoir comment empêcher un problème de se produire. Il faut aussi réfléchir à ce qui peut arriver si malgré toutes les précautions, quelque chose se passe mal alors que personne n’est là.

C’est une logique que nous appliquons déjà dans beaucoup d’autres domaines. Nous installons des protections électriques même lorsque notre installation est correctement conçue. Nous faisons des sauvegardes alors que nos supports fonctionnent parfaitement. Nous conservons du matériel de secours alors que nous espérons ne jamais avoir à nous en servir.

La résilience consiste justement à accepter qu’un système puisse défaillir et à prévoir, autant que possible, les conséquences de cette défaillance.

Ferosticker F01 : Et si un simple sticker pouvait limiter un départ de feu ?

Une couche supplémentaire dans une stratégie de résilience

Le Ferosticker ne rendra évidemment pas une installation sûre à lui seul. La sécurité commence bien avant : choix des composants, conception correcte, protections électriques adaptées, câblage soigné, entretien et surveillance.

Les moyens classiques conservent également toute leur importance. Un détecteur permet de donner l’alerte. Un extincteur permet d’intervenir. Une installation correctement conçue réduit la probabilité qu’un incident se produise.

Le F01 intervient à un autre niveau : celui de la protection automatique et localisée.

C’est ce qui me fait penser à la notion de défense en profondeur. Plutôt que de compter sur une seule mesure de sécurité, on ajoute plusieurs barrières qui interviennent à différents moments.

Dans une démarche de résilience, cette philosophie me paraît particulièrement pertinente. Nous cherchons la redondance pour l’eau, l’énergie, les communications ou encore les données. Il est logique d’appliquer le même raisonnement à la sécurité de nos équipements.

Des usages qui dépassent le simple coffret électrique

C’est probablement en réfléchissant aux usages possibles que le Ferosticker devient le plus intéressant. Une fois que l’on a compris qu’il s’agit d’un dispositif destiné à intervenir automatiquement dans un volume fermé, on commence à regarder différemment tous ces endroits où l’on stocke de l’énergie ou du matériel électrique sans pouvoir les surveiller en permanence.

Prenons par exemple un coffre de stockage de munitions. L’objectif premier d’un tel coffre est évidemment de protéger son contenu et d’empêcher qu’un incident extérieur ne puisse facilement l’atteindre. Mais un coffre peut également contenir d’autres équipements : accessoires, éclairage, chargeurs, petits appareils électroniques ou éléments électriques. Dans une logique de résilience, la question n’est donc pas uniquement de savoir comment protéger le contenu contre l’extérieur, mais aussi comment limiter les conséquences d’un incident qui commencerait à l’intérieur. Un dispositif d’extinction automatique placé dans le volume constitue alors une barrière supplémentaire, indépendante de la présence du propriétaire.

Le même raisonnement peut être appliqué à un coffret d’électrification de serre (Chaleur/Humidité). Dans une installation autonome, on peut retrouver au même endroit les arrivées électriques, les protections, un programmateur, des relais, des alimentations, des convertisseurs ou encore les équipements nécessaires au fonctionnement d’une pompe et de différents automatismes. La serre peut être située à plusieurs dizaines de mètres de l’habitation et rester en fonctionnement jour et nuit. Un incident électrique qui survient pendant une période d’absence ne sera pas nécessairement détecté immédiatement. Dans ce cas, une protection incendie directement intégrée au coffret apporte une sécurité supplémentaire sans dépendre du système d’automatisation de la serre.

Cette logique devient encore plus évidente avec les installations solaires autonomes. Un petit local technique peut regrouper le régulateur, les protections, les convertisseurs et différents équipements électriques. L’installation est précisément conçue pour fonctionner sans intervention quotidienne et peut se trouver dans un garage, une dépendance ou un local isolé. Le Ferosticker ne transforme évidemment pas l’installation en système sécurisé par magie, mais il ajoute une protection locale qui reste disponible même lorsque personne n’est à proximité.

On peut également imaginer le même principe pour un équipement radio installé dans un endroit isolé. Un répéteur, une station météo, un système de télémétrie ou tout autre dispositif autonome peut être installé sur un point haut, dans une dépendance ou dans un local technique et fonctionner pendant plusieurs mois sans intervention. Dans ce type d’installation, la distance devient elle-même un facteur de risque : lorsqu’un problème survient, il peut s’écouler un temps important avant que quelqu’un puisse simplement atteindre l’équipement. Disposer d’une protection automatique directement dans le volume technique prend alors tout son sens.

Le domaine du véhicule de loisir offre également des situations intéressantes. Dans un camping-car ou un bateau, les équipements électriques sont souvent regroupés dans des coffres ou des compartiments techniques relativement confinés. Ces espaces sont rarement surveillés en permanence et peuvent se trouver dans des endroits difficiles d’accès. Une protection automatique localisée peut donc compléter les moyens classiques disponibles à bord.

C’est finalement cette notion de volume isolé et sans surveillance qui constitue le véritable fil conducteur de toutes ces applications. Il ne s’agit pas forcément d’un équipement particulièrement dangereux ou complexe. Ce qui compte, c’est la combinaison de trois éléments : un espace fermé, des équipements susceptibles de provoquer un départ de feu et une absence de surveillance permanente.

Dans ce contexte, le Ferosticker n’a pas vocation à remplacer un extincteur. L’extincteur reste le moyen d’intervention lorsqu’une personne est présente et qu’un incendie doit être combattu. Le F01 répond à une situation différente : celle où personne n’est là au moment où l’incident commence.

C’est cette complémentarité qui me paraît intéressante. L’extincteur permet d’intervenir. Le détecteur permet d’alerter. La conception de l’installation permet de réduire les risques. Et un dispositif automatique comme le Ferosticker peut ajouter une dernière barrière directement au cœur du volume protégé.

Pour moi, c’est précisément dans cette logique que ce petit dispositif trouve sa place dans une démarche de résilience : **ne pas chercher une solution unique, mais multiplier les protections simples et indépendantes afin qu’une défaillance ne suffise pas à transformer un incident local en problème majeur.**

Il faut aussi connaître ses limites

Le F01 est destiné à des volumes fermés limités et le fabricant annonce une capacité maximale de 0,1 m³. Il ne protège donc pas une pièce entière et ne remplace ni un système de détection incendie, ni un extincteur, ni une installation électrique correctement conçue.

Il faut également garder une certaine distance avec les arguments commerciaux du fabricant. Certaines caractéristiques annoncées, notamment concernant les effets de l’aérosol sur les équipements protégés, méritent d’être considérées comme des données constructeur tant qu’elles n’ont pas été vérifiées dans nos propres conditions d’utilisation. Je préfère donc parler de protection supplémentaire plutôt que de solution définitive.

Une petite assurance silencieuse

C’est finalement la simplicité du Ferosticker qui me plaît le plus. Nous avons parfois tendance à répondre à chaque problème par davantage d’électronique : un capteur, une application, une connexion réseau, une notification sur le téléphone. Tout cela peut être très efficace, mais ajoute également des dépendances.

Le F01 adopte exactement l’approche inverse. Il reste installé dans son volume et attend. Il ne nécessite pas d’alimentation électrique ni de connexion à un système extérieur. Ferosticker annonce une durée de service de six ans. (Ferosticker)

Cette simplicité correspond assez bien à ma vision de la résilience. Un système autonome ne devrait pas seulement être capable de fonctionner seul. Lorsque c’est possible, il devrait également être capable de faire face seul à certains incidents.

Je n’ai évidemment pas encore suffisamment de recul pour juger personnellement de l’efficacité du Ferosticker F01. Je compte donc l’expérimenter dans plusieurs situations et voir si le concept tient réellement ses promesses dans des conditions représentatives de mes usages.

Je ne sais pas encore si ces petits dispositifs deviendront systématiques dans mes installations. Mais leur découverte m’aura au moins amené à me poser une question que je ne m’étais jamais vraiment posée auparavant : Nous réfléchissons beaucoup à la manière d’éviter les incidents. Mais avons-nous suffisamment réfléchi à ce qui peut encore agir lorsque personne n’est là pour intervenir ?

C’est peut-être là que réside le véritable intérêt du Ferosticker F01.

Ferosticker F01 : Et si un simple sticker pouvait limiter un départ de feu ?

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