Il y a quelques mois, dans mon article « Fabriquer un routeur de communications pour son clan », j’abordais une problématique relativement simple : comment mettre en place une bulle de communication locale, autonome et résiliente à l’échelle d’un petit groupe humain. À cette échelle, les besoins restent finalement assez limités : quelques nodes, un routeur, une alimentation autonome, et un maillage radio local suffisent largement à maintenir une capacité minimale de communication.
Mais plus le temps passe, plus une autre question finit par émerger :
Que se passe-t-il lorsque l’on cherche relier plusieurs zones géographiques entre elles ?
Car dès lors que l’on change d’échelle, la logique réseau change complètement. On ne parle plus simplement de nodes utilisateurs ou de messagerie locale. On commence à parler :
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- d’interconnexion territoriale,
- de couverture radio,
- de points hauts,
- de continuité de service,
- de routage,
- de supervision,
- et surtout d’infrastructure.
À ce stade, un node classique ne suffit plus vraiment. Il devient nécessaire de réfléchir à des équipements intermédiaires capables d’assurer :
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- une présence radio permanente,
- une meilleure stabilité énergétique,
- une couverture étendue,
- des capacités de relayage optimisées,
- et une intégration cohérente dans une logique de maillage territorial.
C’est précisément cette réflexion qui m’a amené à concevoir un nouveau prototype de répéteur MeshCore. Non pas comme un simple “node de plus”, mais comme une véritable brique d’infrastructure réseau.
Et cette évolution a également profondément modifié ma manière d’envisager les projets mesh actuels. Car lorsqu’on commence à penser “infrastructure territoriale”, certaines limites, certains biais et certaines philosophies réseau deviennent beaucoup plus visibles.
Pourquoi j’ai basculé de Meshtastic vers MeshCore ?
Beaucoup le savent : la résilience est un sujet central dans mes réflexions et mes expérimentations, qu’il s’agisse d’énergie, d’autonomie, d’infrastructure… ou de communication.
Depuis plus d’un an, j’utilise et expérimente Meshtastic sur le terrain. Déploiement de nodes, tests de propagation, supervision réseau, automatisation, télémétrie, infrastructure sans dépendance internet… j’ai poussé assez loin l’exploitation du système.
Puis MeshCore s’est déployé progressivement vers le sud, à portée de mes antennes. Comme beaucoup, j’ai d’abord observé cela avec curiosité. Puis j’ai commencé à comparer. Et aujourd’hui, sur mes 10 nodes, 9 sont passés sous MeshCore.
Pourquoi ? La réponse est plus complexe qu’un comparatif technique (Voir le comparatif Gaulix).
Car contrairement à ce que certains imaginent, la différence entre Meshtastic et MeshCore ne réside pas dans la radio, en effet la technologie sous-jacente est la même. En revanche, l’approche humaine, la philosophie réseau et la manière d’envisager le maillage territorial changent profondément la donne.
Dans les rangs de Meshcore on retrouve principalement la volonté de déployer à grande échelle territoriale une infrastructure dorsale (backbone), régionale, nationale voir continentale.
Côté MeshCore, j’ai retrouvé quelque chose qui me semblait progressivement s’effacer sous Meshtastic : une volonté réelle d’étendre un réseau radio autonome, pensé comme une infrastructure résiliente et non comme une messagerie locale opportuniste assistée par Internet pour aller plus loin.
Et c’est probablement là que se situe le cœur du sujet. Car oui, il faut le dire clairement : le protocole internet MQTT a apporté énormément à Meshtastic. Mais il a aussi créé une illusion.
Pendant des mois, on peut croire faire de la radio alors qu’en réalité on échange principalement via Internet. Et ce biais influence inévitablement la manière dont les utilisateurs déploient le réseau, pensent le maillage et organisent leur infrastructure.
Résultat : on constate souvent peu de coordination territoriale réelle, peu de logique d’extension radio structurée, et finalement assez peu de réflexion sur le maintien opérationnel d’un réseau autonome en cas de perte d’Internet.
Mais tout n’est pas parfait côté MeshCore non plus. Car dès lors qu’un maillage territorial commence réellement à grandir, de nouveaux besoins apparaissent : supervision, visibilité réseau, collecte de métriques, analyse des performances, maintenance opérationnelle…
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La fabrication
La fabrication de cette petite série de répéteurs MeshCore n’est finalement pas très différente de celle de mon précédent “Routeur Meshtastic”. En revanche, ce nouveau prototype bénéficie directement du retour d’expérience accumulé sur la première version, notamment sur toute la partie mécanique, l’intégration et l’aménagement interne. L’objectif n’était pas simplement de reproduire un node existant sous un autre firmware, mais bien d’optimiser l’ensemble autour d’un petit cahier des charges relativement clair :
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- puissant,
- autonome,
- robuste,
- peu encombrant,
- discret,
- et facilement dissimulable sur le terrain.
Car lorsqu’on commence à raisonner en termes d’infrastructure territoriale, certains paramètres deviennent rapidement essentiels. Un répéteur ne doit pas seulement “fonctionner”. Il doit pouvoir :
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- rester opérationnel longtemps,
- supporter des conditions extérieures dégradées,
- être déployé rapidement,
- consommer peu,
- résister mécaniquement,
- et idéalement ne pas attirer l’attention.
Cette nouvelle itération m’a donc permis de revoir plusieurs éléments : la structure mécanique, la compacité globale, l’intégration énergétique, la disposition interne des composants, ainsi que la logique de maintenance et d’accessibilité.
L’idée reste toujours la même : concevoir non pas un simple gadget radio, mais une petite brique d’infrastructure réseau réellement exploitable sur le terrain.
Composants nécessaires :
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- 1 x Heltec Tracker v2 ESP (Mise à jour OTA WiFi)
- 1 x Régulateur de charge solaire MPPT 6 Volts – CN3791 – AliExpress
- 1 x Boîtier ABS IP67 100x150x70mm
- 1 x Panneau solaire 5W – 6V P105 Voltaïc System ou alternatives AliExpress 1 – AliExpress 2
- 4 x Batteries Li-Ion 18650 Murata US18650VTC6 3120mAh – 30A
- 2 x Boîtiers de batterie 2×18650 en parallèle
- 1 x Câble RG58 Type N mâle-mâle 30 cm
- 1 x Connecteur écrou Type N Femelle 10 cm
- 1 x Presse étoupe PG7
- 1 x Valve de ventilation M8x1.25
- 1 x Antenne OPA-ANT-FIXE-868-V2-N-1568 (4.4 dBi), ou ZIISOR 868 MHz (5.5 dBi) [Ali]
- 1 x Tube aluminium 1000 x 20 mm
- 2 x Connecteurs JST/PH 2.0
- Adhésif velcro 3M
- Visserie
- Colle néoprène
- Colliers Rislan
Impressions 3D PETG (Les 6 pièces à imprimer)
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La configuration Meshcore
Vous rendre dans la documentation communautaire et complète du site Gaulix à la section Paramétrage MeshCore :
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- Règles de base : fréquences, nommage, canaux, régions…
- Flash / Paramétrage rapide répéteur / room server
- Mettre à jour un répéteur (sans fil / OTA)
- L’intégralité des paramètres de l’application officielle expliqués
- Installation et paramètres de l’application open-source Meshcore-Open
- Administration à distance d’un répéteur
- Création d’une carte de couverture
Pour un accompagnement technique, n’hésitez pas à contacter les spécialistes francophones sur le salon Meshcore du Groupe Telegram Gaulix ou bien sur le serveur Discord.

Je m’appelle Sébastien. Sans jugement ou catégorisation, je ne m’identifie pas plus particulièrement aux « Survivalistes », « Preppers », « Décroissant », (…) qui ont cependant le mérite de mettre en lumière des sujets et connaissances malgré tout. Je me reconnais plutôt comme un « Résilient ». En tant que père de famille, je développe une approche modérée, structurée et éducative avec une forte envie d’apprendre et transmettre. En savoir plus.







