Lorsqu’on évoque le risque radiologique, l’imaginaire collectif oscille immédiatement entre catastrophe nucléaire et scénario de fin du monde. En réalité, la question est plus subtile et surtout stratégique. Face à un événement impliquant une contamination radioactive, qu’elle soit accidentelle, industrielle ou militaire, la logique de réaction change selon le contexte.
Confinement : Rester sur place, limiter toute exposition, se protéger derrière des murs, des matériaux denses, filtrer l’air, contrôler les entrées et sorties. Dans cette logique, la priorité est claire : Ne pas s’exposer. On parle alors de protection passive (distance, temps, blindage), éventuellement complétée par des mesures médicales spécifiques comme l’iodure de potassium, dont l’objectif n’est pas de « protéger du nucléaire », mais de saturer la thyroïde pour limiter l’absorption d’iode radioactif. Dans ce scénario, la connaissance précise du niveau de rayonnement ambiant est secondaire : on suppose que l’environnement est hostile, et l’on agit en conséquence.
Évacuation : Quitter une zone potentiellement contaminée pour rejoindre un espace plus sûr. Mais cette approche introduit une variable critique : le déplacement. Se déplacer sans information revient à naviguer à l’aveugle. Une zone peut être faiblement irradiée à quelques centaines de mètres, puis présenter un point chaud invisible quelques kilomètres plus loin, en fonction du vent, de la pluie, du relief ou des dépôts particulaires. Dans ce contexte, la capacité à mesurer devient un outil de survie décisionnelle. Non pas pour satisfaire une curiosité technique, mais pour éviter le pire itinéraire, choisir une direction, et confirmer qu’un lieu est réellement plus sûr qu’un autre.
Face à un risque radiologique, la vraie question n’est pas seulement « que faut-il faire ? », mais où se trouve-t-on quand cela arrive.
Vivre au cœur ou à proximité d’une grande agglomération impose une réalité simple : Partir est rarement une option. Les axes se saturent vite, les décisions collectives sont lentes, et l’évacuation devient un pari. Dans ce cas, la stratégie est souvent subie plutôt que choisie : Se confiner, réduire l’exposition, attendre que l’événement passe. On ne cherche pas à optimiser un déplacement, mais à ne pas s’exposer du tout.
À l’inverse, les zones rurales ou faiblement peuplées offrent une autre latitude. Moins de pression humaine, plus de liberté de mouvement, plus d’itinéraires possibles. Ici, le confinement peut être une mesure transitoire, le temps d’évaluer la situation, avant une évacuation ciblée si nécessaire. Le choix existe réellement.
La proximité d’un site nucléaire ajoute une couche supplémentaire. Les plans officiels, les sirènes et l’iodure de potassium donnent un cadre, mais ils supposent que tout se déroule comme prévu. Or, dans une logique de résilience, on sait que le timing et la réalité du terrain peuvent diverger. Rester ou partir devient alors une décision personnelle, pas seulement administrative.
Procédure officielle de l’État français en cas d’incident nucléaire
En France, l’État a mis en place une doctrine claire de gestion d’un incident ou accident nucléaire, au-delà de l’exploitation sécurisée des installations, visant à protéger les populations, réduire les expositions radiologiques et organiser la réponse d’urgence. Ces mesures sont codifiées dans les Plans Particuliers d’Intervention (PPI) et les dispositifs de sécurité civile activés par le préfet du département concerné.
🧭 1. Avant l’accident : Préparation
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- Se renseigner sur le risque dans sa zone (notamment dans un rayon d’environ 20 km autour d’une centrale).
- Retirer des comprimés d’iode stable (« pastilles d’iode ») dans les pharmacies partenaires.
- Constituer un kit d’urgence 72 h (eau, nourriture, lampes, radio, documents importants).
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Objectif : minimiser les risques avant même que l’accident ne survienne.
🚨 2. Lors d’une alerte nucléaire
Le préfet active le Plan Particulier d’Intervention (PPI). Les consignes sont diffusées par sirènes, médias, FR-Alert et autorités locales.
🏠 Mise à l’abri
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- Se mettre immédiatement à l’abri dans un bâtiment solide.
- Fermer portes, fenêtres et aérations.
- Couper ventilation et climatisation.
- Quitter la voiture pour rejoindre un bâtiment clos.
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Rester à l’intérieur réduit significativement l’exposition au panache radioactif.
💊 Prise d’iode stable (iodure de potassium)
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- Uniquement sur ordre officiel du préfet.
- Sature la thyroïde pour limiter l’absorption d’iode radioactif.
- Efficacité maximale avant ou juste après l’exposition.
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🧭 Évacuation
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- Peut être ordonnée en cas de rejet radioactif important ou persistant.
- Préparer un sac d’essentiels et suivre strictement les itinéraires officiels.
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📻 3. Pendant l’alerte : Bon réflexes
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- Rester informé via les canaux officiels.
- Limiter les communications téléphoniques.
- Ne pas sortir sans ordre et ne pas aller chercher ses proches.
- Éviter tout contact avec des surfaces extérieures potentiellement contaminées.
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🧾 4. Après l’alerte
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- Attendre la fin d’alerte officielle.
- Éviter la consommation d’aliments ou d’eau potentiellement contaminés.
- Suivre les consignes sanitaires et contrôles éventuels.
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⚠️ Champ d’application de ces consignes : Les consignes présentées ci-dessus s’appliquent exclusivement à un accident nucléaire civil (centrale, site industriel, transport de matières radioactives).
Elles ne sont pas conçues pour répondre à l’emploi d’une arme nucléaire, qui relève d’un cadre militaire et stratégique distinct et pour lequel aucune doctrine de protection civile détaillée n’est diffusée au public par l’État français.
Confinement : La priorité absolue
Imaginez l’alerte : un accident nucléaire vient d’être signalé sur votre site local. Dans ce contexte civil, la première décision est simple, presque instinctive : rester sur place. Chaque pas à l’extérieur augmente votre exposition. Vous vous réfugiez derrière des murs épais, fermez portes et fenêtres, bloquez les aérations et filtrez l’air si possible. La ventilation et la climatisation sont coupées. Même votre voiture devient un piège si vous restez dedans : il faut rejoindre un bâtiment clos. L’objectif est clair : ne pas s’exposer. À cela s’ajoute la prise éventuelle d’iodure de potassium, non pas pour se protéger du « nucléaire », mais pour saturer la thyroïde et limiter l’absorption d’iode radioactif.
En revanche, face à l’emploi d’une arme nucléaire, la logique de protection change radicalement. Les effets initiaux (flash thermique, onde de choc et radiations promptes) sont immédiats et dépendent avant tout de la distance à l’épicentre. À courte distance, aucune mesure civile n’est réellement efficace. À mesure que l’on s’en éloigne, la survie repose principalement sur la réduction de l’exposition : être hors de la zone de destruction directe, disposer d’un abri dense (béton, sous-sol, ouvrage enterré) et limiter au maximum l’exposition aux retombées radioactives.
L’histoire montre que, pour les populations situées en périphérie des zones touchées, le confinement immédiat, suivi d’une évacuation différée hors de la zone contaminée, a été un facteur déterminant. Toutefois, contrairement aux accidents nucléaires civils, il n’existe aucune doctrine de protection civile exhaustive et publique pour un scénario d’attaque nucléaire militaire, les systèmes d’alerte et les consignes ne pouvant couvrir l’ampleur, la rapidité et la variabilité d’un tel événement.
🛡️ Retombées radioactives 🛡️
1️⃣ Nature des retombées
Ce sont des poussières et particules contaminées qui retombent après un rejet massif de matériaux radioactifs (accident industriel, explosion nucléaire). Elles se déposent sur le sol, les objets, l’eau, la végétation et peuvent être inhalées ou ingérées, ce qui représente le principal danger.
2️⃣ Comprendre l’impact
Les retombées ne se limitent pas à la zone de l’accident : le vent peut les transporter sur des dizaines à centaines de kilomètres. La concentration d’isotopes radioactive varie selon le vent, la pluie, la topographie et la distance.
3️⃣ Réduire l’exposition
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- Confinement immédiat : refuge dans un bâtiment solide, au centre, en étage bas ou sous-sol si possible.
- Fermer : portes, fenêtres, aérations, VMC (alimentation + Bouchons), conduit de cheminée …
- Limiter les sorties : Le cas échéant utiliser des EPI comme les combinaisons jetables, des bottes caoutchouc, des masques FPP3 (ou idéalement un masque intégral + cartouche) pour ne pas inhaler de particule radioactive, ainsi que des gants nitrile de haute résistance.
- Éviter la contamination : ne pas consommer d’eau ou d’aliments exposés sans infos fiables.
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4️⃣ Conseils pratiques : empêcher l’entrée des particules avant de chercher à les filtrer
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- Colmater les ouvertures : ruban adhésif de type Duct Tape, tissus humides aux joints des portes et fenêtres pour limiter l’entrée de poussières, colmater les évents VMC, cheminée et hotte de cuisine. Idéalement matériaux avec la certification PMUC (Produits et Matériaux Utilisables en Centrales), comme le film Polyane rose M1, et Ruban adhésif Plastiflam AT712 (Très cher).
- Créer une zone “tampon” : déposer les chaussures, manteaux et objets extérieurs contaminés dans une zone tampon/sas éloignée de votre zone de vie.
- Déchets contaminés : isoler les déchets dans un fût hermétique.
- Décontamination personnelle : se laver soigneusement (peau, cheveux) [Nécessite de l’eau non contaminée].
- Filtration de l’air : une fois toutes les ouvertures colmatées, créer un apport d’air et utiliser des filtres HEPA ou tout filtre disponible pour réduire les particules en suspension.
- Prudence avec les animaux : nettoyer pattes et pelage si nécessaire.
- Stocker de l’eau/nourriture : prévoir des réserves sûres pour durer plusieurs jours si les retombées persistent.
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5️⃣ Ce qu’il faut retenir
Le risque principal vient des retombées et de l’exposition cumulative. Le confinement réduit drastiquement la dose reçue. Un mouvement prématuré, une évacuation improvisée ou une exposition inutile augmentent significativement le risque. Se déplacer ne doit être envisagé que lorsque l’information et la protection deviennent fiables.
Évacuation : Une décision éclairée
Après le confinement, la question se pose : faut-il bouger ? Pour un accident civil, l’évacuation est possible, mais elle n’est pertinente que si elle est ordonnée, planifiée et guidée par les autorités. Le déplacement doit suivre les itinéraires officiels et intervenir après avoir évalué la situation, après avoir sécurisé sa famille et ses abris temporaires.
Face à une arme nucléaire, l’histoire est cruelle. L’évacuation immédiate est souvent impraticable : La trajectoire des explosions et des retombées rend le moindre mouvement risqué. Hiroshima, Nagasaki et les essais nucléaires nous rappellent que la mobilité immédiate n’offre qu’une chance limitée de survie, et que l’efficacité des actions dépend avant tout de la distance parcourue et de la solidité de l’abri.
Dans tous les cas, les contraintes individuelles pèsent lourd : Famille, mobilité, autonomie, connaissance du terrain. Une stratégie théoriquement idéale mais impossible à mettre en œuvre n’a aucune valeur.
Au fond, tout se résume à une dualité simple :
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- Le confinement repose sur l’idée que l’environnement est dangereux et qu’il vaut mieux ne pas bouger.
- L’évacuation, elle suppose qu’un ailleurs est plus sûr, et encore faut-il pouvoir l’atteindre sans traverser pire.
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Mode opératoire
👉 La séquence correcte d’expérience historique, c’est :
Confinement immédiat → attente → évacuation différée et ciblée, et surtout pas de fuite immédiate.
1️⃣ Phase 1 : Confinement immédiat (prioritaire)
Toujours vrai, quel que soit le scénario.
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- Réduire l’exposition au panache ou aux retombées.
- Éviter la poussière radioactive.
- Laisser passer le pic de radioactivité initial.
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⏱ Durée typique : 48 – 72 h
2️⃣ Phase 2 : Attente et observation
Phase souvent absente des discours grand public, mais cruciale.
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- La radioactivité décroît rapidement (loi des 7–10 : voir encart vert ci-dessous).
- Les informations se stabilisent et les zones réellement contaminées deviennent identifiables.
- Tout mouvement prématuré augmente la dose reçue.
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3️⃣ Phase 3 : Évacuation différée (si et seulement si nécessaire)
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- L’évacuation n’est pas un réflexe, c’est une mesure secondaire.
- Elle concerne des zones identifiées.
- Elle se fait quand les doses deviennent gérables.
- Elle est dirigée, pas anarchique.
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👉 Historiquement, ceux qui ont quitté trop tôt ont souvent reçu plus de dose que ceux restés confinés.
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Quand la mobilité devient une possibilité
Dans certaines situations, rester confiné n’est tout simplement pas une option. Imaginez un panache radioactif fuyant d’un incident nucléaire, ou la nécessité d’évacuer un lieu isolé pour rejoindre un point de rassemblement sûr ou un abri mieux protégé. Chaque pas compte, et chaque décision peut avoir un impact direct sur votre exposition.
Le défi tient à ce qui est invisible à l’œil nu. Une zone qui semble sûre sur la carte peut être ponctuellement contaminée par des dépôts radioactifs concentrés, selon la direction du vent, la pluie récente ou la topographie locale. Les modèles de dispersion montrent que les particules radioactives ne se répartissent jamais uniformément : Un chemin dégagé peut croiser un « point chaud » dans une vallée, derrière une colline ou près d’un cours d’eau, tandis que d’autres zones sont naturellement protégées, forêts denses, vallons, bâtiments en béton, et peuvent offrir un refuge temporaire.
Dans ce contexte, la mobilité devient une stratégie active, et non une simple réaction. Il ne s’agit plus seulement de fuir, mais de prendre des décisions éclairées à chaque étape : Choisir le bon itinéraire, décider de s’arrêter, évaluer si un abri est réellement sûr. La littérature radiologique et les guides de l’IRSN insistent sur ce point : La décision d’évacuation doit tenir compte de la distance, du timing, de l’accessibilité des routes et de l’exposition cumulative. Chaque choix repose sur des informations concrètes, pas seulement sur des cartes ou des hypothèses générales.
C’est précisément là que le compteur Geiger devient un outil stratégique. Il ne sert pas à créer de l’angoisse, mais à réduire l’incertitude : Un relevé ponctuel permet de détecter des zones sur-contaminées, de comparer deux itinéraires et de confirmer qu’un lieu est plus sûr que celui que l’on quitte. Les compteurs Geiger grand public, s’ils ne permettent pas d’identifier les isotopes ni de mesurer des panaches très rapides avec précision absolue, offrent néanmoins une estimation fiable des points chauds locaux, ce qui est suffisant pour guider des décisions de mobilité prudente.
En pratique, il ne s’agit pas de scanner chaque centimètre de terrain, mais de disposer d’informations rapides et fiables pour ajuster son parcours, vérifier ses abris temporaires et limiter l’exposition cumulative. C’est cette capacité à mesurer l’invisible, à compléter l’intuition par des données objectives, qui distingue une mobilité réfléchie et résiliente d’une fuite improvisée et risquée.
La règle 7-10 de la désintégration radioactive
Une règle de base pour prédire facilement des taux d’exposition futurs approximatifs s’appelle la « règle empirique 7-10 ». Cette règle, basée sur des taux d’exposition déterminés par des instruments de mesure, stipule que pour chaque augmentation par 7 du temps écoulé après une détonation nucléaire, le taux d’exposition aux radiations diminue d’un facteur 10. Par exemple, si le taux de radiation mesuré une heure après l’explosion est pris comme référence :
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- 7 heures après : le taux de dose est réduit à un dixième.
- 49 heures (7 × 7, environ 2 jours) : il est réduit à un centième.
- 343 heures (7 × 7 × 7, environ 2 semaines) : il est réduit à un millième.
Un autre aspect de cette règle indique qu’au bout d’une semaine (7 jours), le taux de radiation est environ dix fois inférieur à celui mesuré après un jour. Bien entendu, pour la précision et la fiabilité, rien ne remplace les relevés directs effectués à l’aide d’instruments de mesure.
Adapté du « Guide de planification de la santé et de la sécurité pour les planificateurs, agents de sécurité et superviseurs pour la protection des premiers intervenants après une détonation » (document interagences, 2016).
C’est précisément à ce moment-là qu’une question émerge, presque naturellement : Faut-il accepter de décider à l’aveugle, ou chercher à objectiver l’invisible ? Et c’est là que la mesure, et donc le compteur Geiger, commence éventuellement à avoir du sens. C’est précisément à cette intersection, entre confinement assumé et évacuation éclairée, que se pose la question du compteur Geiger. Est-ce un gadget anxiogène réservé aux passionnés de nucléaire ? Ou un instrument pertinent, au même titre qu’une boussole, un GPS ou une station météo portable, dès lors que l’on accepte l’idée que certains risques sont invisibles à l’œil nu ?
Avant de répondre, encore faut-il comprendre ce que l’on mesure, avec quelle technologie, et dans quel objectif réel. C’est ce que nous allons explorer.
Tubes Geiger ou scintillation ?
Si le compteur Geiger permet de transformer l’incertitude en données concrètes, encore faut-il comprendre ce qu’il mesure et comment. Tous les instruments ne se valent pas, et le choix de la technologie influence directement la fiabilité des informations sur lesquelles vous baserez vos décisions.
Deux grandes familles existent pour un usage grand public : Les tubes Geiger–Müller et les détecteurs à scintillation. Les premiers sont simples, robustes et suffisamment sensibles pour identifier rapidement les zones sur-contaminées, ce qui est parfaitement adapté à la mobilité et à la prise de décision sur le terrain. Les seconds offrent une sensibilité accrue et la possibilité de détecter plus finement l’énergie des particules, voire de distinguer certains isotopes, mais leur coût, leur complexité en font un investissement dormant et à mon avis un choix moins pertinent pour un usage de survie.
Comprendre cette différence est essentiel avant de choisir son outil : Il ne s’agit pas seulement d’acheter un compteur, mais de sélectionner l’instrument qui servira réellement vos décisions et vos déplacements. Dans ce contexte, un bon compromis entre fiabilité, portabilité et simplicité est souvent plus efficace qu’un instrument ultra-sensible mais nettement plus onéreux.
Pourquoi le GQ GMC‑800 est un choix pragmatique ?
Quand on commence à penser à la possibilité de devoir se déplacer en situation de risque radiologique, la question du compteur Geiger devient vite concrète. Il ne s’agit pas d’un choix théorique : chaque pas pourrait compter, et il faut pouvoir prendre des décisions éclairées sur le terrain.
En regardant les options disponibles, certaines se distinguent clairement. Le Radiacode‑102 est très séduisant sur le papier : sensible, capable de détecter l’énergie des particules et même d’identifier certains isotopes. Mais pour l’usage envisagé, c’est un appareil trop coûteux, orienté plutôt vers la spectrométrie scientifique que vers une utilisation en phase de survie.
Le FNIRSI GC‑02, lui, est simple et compact, facilement transportable, et permet de détecter la présence de rayonnement. Mais sa précision est relative, l’absence de stockage des relevés et son interface très basique le rendent moins fiable pour comparer plusieurs zones (forte latence) ou guider des décisions de déplacement.
Le GQ GMC‑800, en revanche, combine fiabilité, simplicité et portabilité. Son tube Geiger robuste détecte les rayonnements β, γ et X, son interface claire (et en Français), écran couleur, alarmes sonores et visuelles, journalisation des mesures, permettent de prendre des décisions rapides et informées. Il offre un équilibre pragmatique : Suffisamment précis pour identifier les points chauds et comparer plusieurs zones, mais pas surdimensionné au point de devenir complexe ou fragile à transporter. Les retours utilisateurs confirment sa constance, sa facilité d’usage et sa robustesse, exactement ce dont une personne en situation de mobilité a besoin.
En résumé, le GQ GMC‑800 n’est pas le plus spectaculaire ni le moins cher, mais c’est celui qui répond le mieux à l’objectif réel : aider à décider où se déplacer et où s’abriter, en fournissant des mesures fiables sans alourdir l’équipement ni compliquer l’utilisation. Dans un contexte de résilience, c’est ce pragmatisme qui fait toute la différence.
| Critère | Radiacode-102 | GQ GMC-800 | FNIRSI GC-02 |
|---|---|---|---|
| Type de capteur | Scintillation haute sensibilité | Tube Geiger-Müller | Tube Geiger-Müller |
| Précision / sensibilité | ⭐⭐⭐⭐☆ Très élevée | ⭐⭐⭐⭐☆ Élevée | ⭐⭐⭐☆☆ Moyenne |
| Fonctions avancées | 🧠 Spectrométrie, application mobile, analyses | 📊 Modes multiples de mesure, alarmes | 📈 Mesures temps réel, historique |
| Facilité d’utilisation | 🟡 Un peu technique (beaucoup de données) | 🟢 Intuitif | 🟢 Simple |
| Budget approximatif | 💶 Plus élevé (255€) | 💶 Milieu de gamme | 💶 Entrée de gamme |
| Recommandé pour | Analyse scientifique & hobby sérieux | Surveillance simple | Surveillance basique |
Avoir un compteur Geiger est-il indispensable ?
Nous n’avons pas tous besoin de posséder un compteur Geiger. Il s’agit avant tout d’une option à envisager selon sa situation personnelle mais aussi à l’échelle du groupe, du clan, de la famille. Chacun des groupes doit évaluer la pertinence de cet outil en fonction de ses responsabilités, de sa capacité à gérer le risque, et du scénario de protection ou de mobilité qu’il souhaite privilégier.
Le compteur Geiger ne mesure pas le danger absolu, il indique seulement le niveau de rayonnement ambiant. Ce qui compte vraiment, c’est le temps passé à ce niveau :
Dose totale = quantité × temps.
| Débit µSv/h | Interprétation & Action |
|---|---|
| < 0,30 | 🟢 NORMAL – Vie normale, aucun risque immédiat – Fond naturel 0,05 à 0,20 µSv/h et Zone saine ≤ 0,30 µSv/h |
| 0,30–2 | 🟡 ÉLEVÉ MAIS ACCEPTABLE – Éviter exposition inutile, pas d’urgence |
| 2–10 | 🟠 ATTENTION – Réduire le temps, ne pas rester, surveiller |
| 10–100 | 🔴 DANGER – S’éloigner, se confiner, limiter fortement le temps |
| > 100 | ☠️ URGENCE – Quitter la zone, distance et protection prioritaires |
L’important n’est pas de se doter de l’instrument le plus sophistiqué, mais de comprendre quand et comment son utilisation pourrait réellement servir à prendre des décisions réfléchies. Pour ma part, si je suis encore en vie après un accident ou une explosion nucléaire, je préfère être en capacité de faire des choix éclairés plutôt que d’avoir uniquement une confiance aveugle en l’autorité compétente.
Pour aller plus loin voici en téléchargement Le Guide pratique de la mesure de la radioactivité par les citoyens.
Bonus vidéo

Je m’appelle Sébastien. Sans jugement ou catégorisation, je ne m’identifie pas plus particulièrement aux « Survivalistes », « Preppers », « Décroissant », (…) qui ont cependant le mérite de mettre en lumière des sujets et connaissances malgré tout. Je me reconnais plutôt comme un « Résilient ». En tant que père de famille, je développe une approche modéré, structurée et éducative avec une forte envie d’apprendre et transmettre. En savoir plus.








