Le Réseau Radio Résilient Français

Le Réseau Radio Résilient Français

Cela fait quelques mois que la réflexion est en cours : Le Réseau Radio Résilient Français est un projet fondé sur l’idée d’offrir des réponses concrètes à une problématique de maintien opérationnel d’infrastructures de communication (radiocommunication) en cas de rupture de normalité systémique.

C’est une démarche de prévoyance permettant de préparer et expérimenter maintenant un réseau constitué et organisé dans l’éventualité de situations dégradées.

1. Contexte

Il existe déjà des réseaux constitués d’humains et d’infrastructures techniques semblables comme :

  • Le Réseau des Répéteurs Francophone (RRF, ex FRN French Repeater Network) et le French Open Network (FON )
  • Le HamNet qui utilise la même architecture technique en ajoutant une sécurisation d’interconnexion des nœuds par l’ajout d’un réseau privé virtuel (VPN), et d’une infrastructure WAN WiFi (Longue portée / Longue Range).
  • ADRASEC (Associations départementales de Radiotransmetteurs au service de la Sécurité Civile) qui est avant tous un réseau humain d’appui à la coordination d’opérations terrain de la Sécurité Civile sur des relais Simplex avec un shift très large.

Mais il faut cependant noter qu’ils sont limités aux seuls détenteurs d’un indicatif radio-amateur. Nous n’avons donc pas accès à ces infrastructures de communications sans montrer patte blanche avec un indicatif officiel. Qu’en serait-il en situation de rupture de la normalité à fort impact ?

2. La licence Radio-amateur

La population de la communauté radio-amateur en France est vieillissante et en décroissance depuis 1997 (Chaque année la communauté amateur perd environ 200 licenciés : statistiques). De l’extérieur et avec un « a » priori (le mien), on dirait un système féodale hyper technique et peu ouvert vers les personnes sans licence. Ce n’est pas un jugement mais mon constat. Il semblerait que ce domaine intéresse de moins en moins.

Serait-ce en raison du verrouillage d’accès lié une licence complexe à obtenir ?

Peut-être que le système Français devrait être réformé et harmonisé avec les différentes autorités internationales qui pour certaines, sont elles en nette croissance de population (Stats US).

En tout cas, parce que je suis passionné, que j’aime la technique, l’électronique, l’informatique et que je ne souhaite pas passer la licence, je dois utiliser uniquement les fréquences PMR 446 MHz avec 0,5 Watt maximum et sans antenne escamotable.

Pour autant, tous les routiers d’Europe traversant le territoire Français utilisent l’UHF, la VHF, et la HF (CB) avec souvent plus de 25 Watts sous le capot, et cela sans lever un tollé de population Radio-amateur. La réglementation ne devrait-elle pas être ici aussi harmonisée ?

3. Un peu de réglementation

En 2018, un projet de décret définissant les conditions de la connexion à un réseau ouvert au public (ROP) d’une installation radioélectrique des services d’amateurs a été déposé (découlant de l’article L. 33-2 du code des postes et des communications électroniques). A ce jour, il n’y a pas à ma connaissance de décret d’application.

Considérant qu’a ce jour, aucun texte réglementaire ne définit les autorisations et interdictions d’interconnexions des réseau radio-électriques aux réseaux dit public et encore moins un réseau potentiellement « privé », nous pouvons de mon point de vue envisager un projet d’expérimentation semblable à ceux sus-cités.

4. Le Réseau Radio Résilient Français

4.1. Quelles ambitions pouvons-nous avoir ?

  1. Créer une communauté d’utilisateurs.
  2. Définir les spécifications de ce réseau.
  3. Expérimenter un réseau radioélectrique UHF interconnecté à un réseau TCP/IP, soit public, soit privé au travers de technologies telles qu’Ethernet, WiFi, ADSL, FTTH, 4G, VPN …
  4. Développer des solutions de communications fiables, redondantes et donc résilientes.

4.2. Les trois grandes phases du projet :

  1. S’organiser et constituer un réseau humain communautaire à fort maillage territorial. C’est le pré-requis essentiel à ce projet.
  2. Développer et déployer des infrastructures techniques localisées dans un premier temps, et petit à petit l’étendre au plan national.
  3. Expérimenter l’usage et la technique, et déterminer les évolutions.

4.3. Les enjeux

Voici comment on pourrait décrire ce projet. Bien entendu, les grandes lignes de ce projet peuvent encore être dessinées et redéfinies de manière collégiale :

  • Ce projet ne peut exister sans un minimum d’adhésions et de contributions.
  • Ce projet ne peut se réaliser sans un maillage territoriale dense.
  • Ce projet permet de démocratiser les connaissances techniques de la radiocommunication.
  • Ce projet permet de mettre en oeuvre des solutions alternatives de communications étendues.
  • Ce projet est bien entendu expérimental au regard des contraintes réglementaires.
  • Ce projet à pour vocation de rassembler un maximum d’utilisateurs et d’utilisateurs contributeurs dans une communauté.

4.4. Aspects humains

Voici comment je propose de définir le cadrage de ce projet communautaire

  • S’organiser et constituer une communauté sur la base de la communauté d’indicatifs FCF [Fréquence Citoyenne Française].
  • Mettre en place un comité de pilotage ouvert et périodique (Tous le monde peut participer, et une fois par mois ?).
  • Mettre en place un outil de communication universel, permettant les séances du comité de pilotage (Discord, Zello, Mumble, …).
  • Mettre en place un processus d’adhésion 3R par formulaire avec un pré-requis qui serait d’avoir un indicatif FCF.
  • Définir un groupe d’ambassadeurs du 3R pour faire la promotion de la communauté.
  • Recruter des experts par domaines technologiques.
  • Recruter des contributeurs de déploiement de l’infrastructure.

Dans un premier temps, des cellules locales devront s’organiser pour offrir des services de communication alternatifs sur la base de petites infrastructures localisées.

4.5. Aspects techniques

4.5.1. Les 3 grandes fonctions :

  1. Les dispositifs devront être capable de traiter les signaux voix du réseau radioélectrique, et les transmettre les vers un réseau IP de manière coordonnée et bidirectionnelle.
  2. Les dispositifs devront être capable de relayer les signaux voix en simplex, et retransmettre ces signaux vers le réseau radioélectrique de manière coordonnée et bidirectionnelle.
  3. Les dispositifs devront mettre en oeuvre des transmissions de données numérique à faible débit (Messages d’informations principalement), et d’offrir un service DTMF permettant aux dispositifs de basculer en mode balise afin de transmettre des informations de nature importantes (météo locale, alerte, risques …) [A valider]

4.5.2. Spécifications techniques principales :

  • Bande UHF 446 MHz
  • Le Canal PMR 3 (446.03125 MHz) [A valider]
  • Le filtre tonalité 33 en TX/RX (CTCSS) [A valider]
  • Interface électronique de détection CTCSS et/ou Squelch.
  • Passerelles clientes Voix sur IP [VoIP] (SVXLink)
  • Serveur(s) de commutation Voix sur IP [VoIP] (SVXReflector)
  • Modem Encodeur/Décodeur (BPSK, APRS, AFSK … ?).

Tous les dispositifs permettant d’augmenter les capacités de communications, devront être évaluées et envisagées, afin de définir le niveaux de service cible, la robustesse et la fiabilité des solutions ainsi que de l’architecture (Attention SPOF).

4.5.3. Les points de présences (POP Point of Presence)

Réseau Radio Résilient architecture nodelink

Les contributeurs devront mettre en oeuvre des services de radiocommunication locale de plusieurs types. Cela pourrait-être par exemple ainsi définit :

Nodelink (Passerelle Radio <-> IP bidirectionnel). Un Nodelink simplex nécessite au moins :

  • Une radio UHF 446 MHz ;
  • Une antenne accordée sur la bande de fréquence 446 MHz ;
  • Une alimentation stabilisée pour alimenter la radio (éventuellement un dispositif d’alimentation sécurisé) ;
  • Un nano ordinateur de type Raspberry Pi (+ Carte son USB + alimentation + SD) ;
  • Une interface électronique d’interruption CTCSS ou Squelch (DIY).

Nodelink relay  :

  • Impossible car pas assez de bande PMR 446 pour disposer d’un shift suffisant.
  • Il faudrait sortir de la largeur de bande PMR 446. Et donc pas réglementaire.
  • Une solution perroquet pourrait être évaluée.

Nodelink gobox – Un Nodelink simplex nécessite au moins :

  • Une radio UHF 446 MHz ;
  • Une antenne accordée sur la bande de fréquence 446 MHz ;
  • Une alimentation stabilisée pour alimenter la radio (éventuellement un dispositif d’alimentation sécurisé) ;
  • Un nano ordinateur de type Raspberry Pi (+ Carte son USB + alimentation + SD) ;
  • Une interface électronique d’interruption CTCSS ou Squelch (DIY) ;
  • Le tout embarqué dans une caisse mobile et autonome énergétiquement.

5. La contribution au Réseau Radio Résilient Français

Nombre actuel de contributions : 79 / 30 attendues au minimum.

Aide : Comment déterminer votre QTH Locator ? Service en ligne ici.

Afin de participer au projet, et de bénéficier :

  • des prochaines informations par lettres de nouvelles,
  • des tutoriels privés (vidéo, et document PDF),
  • de l’accès à l’Entrepôt GitHub 3R446C3X3 (Repository),
  • aux réunions vocales du comité de pilotage de manière privilégiée,

je souhaite participer à la réalisation de cette expérimentation de Réseau Radio Résilient Français, et je m’inscrits avec le formulaire suivant :

Attention, veuillez confirmer votre inscription avec le lien que vous allez recevoir par mail (regardez dans "indésirables"). Sans confirmation de votre mail, votre candidature ne sera pas retenue.

Cet article a 3 commentaires

  1. JM JACQUART

    Bonjour, au sujet de votre paragraphe N°. 3 (réglementation) il me semble que la position officielle de l’ANFR au sujet de l’interconnexion des réseaux radioamateurs et publics soit restée au niveau antérieur à la consultation lancée en 2018 que vous évoquez, à savoir que cette capacité « sortirait du périmètre expérimental, présenterait des risques en termes de sécurité publique et n’est [ne serait] pas conforme au cadre réglementaire tant national qu’international ». Cette consultation a en outre révélée la divergence des contributions d’associations et / ou de radioamateurs dans ce domaine.

    En l’absence de décret de validation d’une modification de la réglementation afférente, quels éléments vous permettent de croire que cette position de l’autorité de régulation a évolué récemment ? Ne pensez-vous pas que ce genre d’initiative puisse fragiliser la position des associations lors de discussions ultérieures ?

  2. Mich

    Bonjour je souhaiterai m’inscrire mais le captcha ne marche pas ???
    Belle initiative merci

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